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Horizons > Juin 2006New Horizons, the newsletter of the Ecumenical Church Loan Fund

 


Améliorer les conditions de vie, raffermir la foi

Quelques expériences de clients d'ECLOF Philippines

De Maurice Malanes

Modeste entrepreneuse, Estrella Baliang est aux anges, et non sans raison. Après une série de neuf emprunts auprès de la filiale de Benguet d'ECLOF Philippines, son affaire – achat et vente de chaussettes, de vestes et autres vêtements – est florissante. Grâce à son esprit d’entreprise, la table de la famille Baliang est bien fournie en riz et en poisson, et les enfants ont pu aller à l'école. C'est ainsi que l'aîné vient d'obtenir un diplôme en criminologie.

«Je remercie notre Seigneur Jésus Christ de nous avoir donné ECLOF, car sans elle, ma famille ne serait pas là où elle est maintenant», a déclaré Mme Baliang lors d'une assemblée des clients d'ECLOF tenue le 25 avril à La Trinidad, chef-lieu de la province de Benguet, dans le nord des Philippines. Elle faisait partie des clients d'ECLOF qui ont reçu un prix pour leur rapidité à rembourser les prêts.

Un prix spécial destiné au client ayant obtenu les meilleurs résultats est allé à Peter Dao-ines, producteur de fraises. Avec quatre collègues, il bénéficie de prêts d'ECLOF depuis maintenant 3 ans pour payer la location des champs où ils cultivent des fraises. Ces terrains appartiennent à l'Université d'Etat de Benguet, gros propriétaire foncier dans la vallée de La Trinidad.

S'exprimant en anglais, ce paysan affirme que les prêts que lui et ses collègues ont reçus d'ECLOF ont non seulement transformé leurs vies mais aussi raffermi leur foi. «Grâce à ces prêts, nous avons pu payer la location des terres et agrandir notre affaire, et nous avons aussi pu verser la dîme à l'Eglise. Voilà pourquoi je remercie le Seigneur de nous avoir donné ECLOF.»

Cultiver et vendre
Les producteurs de fraises représentent 80% de tous les clients paysans de la filiale de Benguet d'ECLOF Philippines. Située dans une vallée fertile entourée de collines où règne un agréable climat, la ville de La Trinidad s'est fait une spécialité de la culture des fraises, introduites par des missionnaires catholiques au début du 20e siècle, ce qui lui vaut le titre incontesté de «capitale de la fraise» aux Philippines.

Le principal marché pour les fraises fraîches est la ville voisine de Baguio, capitale d'été des Philippines où les habitants des régions de plaine se rendent lorsque la chaleur devient insupportable à Manille et autres lieux. Baguio est aussi très fréquentée à la période de Noël et du Carême.

Les foules qui se rendent à Baguio assurent la prospérité des commerces, petits et grands, de la région. Malheureusement, vers la fin de 2004, tous ont été affectés par des récits alarmistes faisant état d'une prétendue épidémie de méningococcémie, forme fatale de méningite.

C'est ainsi que très peu de touristes se rendirent à Baguio pendant les vacances de Noël de 2004 ou la période du Carême de 2005. Les conséquences économiques furent désastreuses: pas de clients pour acheter les fraises et d'autres produits locaux. De nombreux producteurs durent demander à ECLOF de prolonger le délai de remboursement de leurs prêts.

Mais les producteurs de fraises ne se découragèrent pas. Ils continuèrent à cultiver leurs fruits, dans l'espoir que la panique engendrée par la méningococcémie ne durerait pas et que les affaires reprendraient. En outre, plutôt que de se contenter de vendre des fruits frais, ils se mirent à fabriquer des confitures, des bonbons et du vin à base de fraises. C’est à cette époque qu’ECLOF Philippines lança son Programme de prêts pour la culture des fraises, auquel de nombreux paysans eurent recours pour sauver cette industrie en péril.

En 2005, les prêts pour la culture des fraises représentaient près de 30% des plus de PHP (pesos) 13 millions (USD 241 000) prêtés par la filiale de Benguet à ses clients. Ce nouveau programme est le deuxième en importance, après celui des prêts aux petits commerces, qui représentent 63% du total. Il y a deux autres programmes de prêts: un pour les entreprises de transport et l’association des chauffeurs (4%) et un pour la culture des fleurs (3%).

Peter Dao-ines (à droite) reçoit le prix du client qui a le mieux réussi, remis par Dorothy Cajayon, présidente d’ECLOF Philippines. M. Dao-ines est le seul client masculin de la filiale de Benguet.

Dans l’impossibilité de vendre leur récolte de fraises fraîches, les clients d’ECLOF en firent du vin, des bonbons et de la confiture.

Fleurs coupées
La culture des fleurs, pratiquée essentiellement par des femmes, est une autre source de revenus pour la population de La Trinidad et d’autres localités proches de Baguio. Un grand nombre de ces femmes connaissent les possibilités de petits prêts avantageux offertes par ECLOF.

«Avant, nous allions chez des prêteurs privés qui exigeaient des intérêts usuraires, mais maintenant, il y a ECLOF, et nous en sommes reconnaissantes», déclare Gloria Pagoy, horticultrice du village d’Ambiong. «Grâce aux intérêts raisonnables demandés par ECLOF, nous pouvons couvrir nos investissements et même gagner un peu.»

Avant de découvrir ECLOF, Gloria Pagoy avait quatre serres pour la culture des fleurs coupées, qu’elle avait construites au cours des années. Avec les prêts obtenus d’ECLOF, elle a pu en ajouter immédiatement une nouvelle. «Comme ECLOF est une bonne source de financement, je dis toujours aux membres de mon groupe de veiller à rester solvables et de rembourser rapidement nos prêts», déclare Gloria, qui a également reçu un prix lors de l’assemblée de la filiale de Benguet.

Mme Pagoy apprécie les cours de formation organisés de temps à autre par ECLOF, notamment celui consacré à la gestion et à la comptabilité élémentaire, ou encore celui sur la manière chrétienne de diriger et de gérer. «Vous ne recevez pas de formation de ce genre quand vous empruntez à une banque ou à un prêteur privé.»

Tricot
L’entreprenante Sylvia Yampan, mère de cinq enfants, mérite certainement la reconnaissance de son pays, où le taux de chômage s’élève à 12%. Elle emploie six tricoteuses à domicile pour son entreprise qui produit des pulls, des châles, des bonnets «à la Bob Marley» et d’autres vêtements tricotés pour hommes et femmes.

Mais le succès de Sylvia Yampan n’est pas venu tout seul: depuis que son mari, qui était mineur, a perdu son emploi en 1993, c’est à elle qu’incombe la charge de nourrir sa famille. Mme Yampan a alors eu l’idée d’aller chez une voisine voir comment celle-ci tricotait. En l’observant et en s’inspirant de revues de mode, elle a eu l’idée de lancer sa propre entreprise de tricot, qui assure maintenant la subsistance de toute la famille.

Mais comme d’autres commerces de Baguio, les affaires de Sylvia Yampan ont beaucoup souffert de la panique de 2004 déclenchée par des rumeurs de méningococcémie. «A un certain moment, nos clients en gros n’achetaient plus nos produits, et j’ai été obligée de les vendre sur les trottoirs, en jouant à cache-cache avec la police parce que cette activité est interdite. La police m’a même punie en me faisant balayer les rues pendant toute une journée. Mais j’ai continué à vendre ma marchandise, parce que j’avais une famille à nourrir et des enfants à envoyer à l’école.»

Lorsque les touristes revinrent à Baguio, Mme Yampan put mettre fin à ses activités de marchande ambulante. Pour accélérer la reprise des affaires, elle s’associa avec deux collègues pour emprunter un peu plus de USD 1000 à ECLOF. «Grâce à Dieu, les affaires ont repris peu à peu, et nous avons pu rembourser nos premiers prêts, pour en obtenir de nouveaux.»

Mme Yampan dispose maintenant d’un stand au marché public de Baguio et elle expose et vend aussi ses produits dans des foires commerciales. Comme d’autres clients d’ECLOF, elle estime que c’est en partie grâce à ECLOF qu’elle et son mari – qui est maintenant chauffeur de taxi et de jeep – ont pu financer les études de deux de leurs enfants, dont l’un est enseignant et l’autre infirmière. Deux autres vont à l’école supérieure et le cadet à l’école secondaire.

Comme bien d’autres clients d’ECLOF, Sylvia Yampan a une foi profonde en Dieu, à qui elle attribue une part de sa réussite : «Dieu a été bon et le sera toujours», affirme-t-elle.

Pour des gens comme elle, ECLOF est un partenaire important dans la lutte contre la pauvreté. Pour manifester leur reconnaissance lors de leur assemblée, les clients d’ECLOF ont dansé un sadong et un tayaw traditionnels, accompagnés par des gongs et des tambours. Des membres d’ECLOF International et du personnel philippin d’ECLOF, sous la conduite du directeur d’ECLOF International Muhungi Kanyoro, se sont joints à ces danses.

Naate Herbert Masangazira (à gauche), directeur national d’ECLOF Ouganda, Gloria Pagoy (centre), cliente d’ECLOF Philippines, Jérôme Clark, directeur exécutif d’ECLOF Côte d’Ivoire (à l’arrière-plan, à droite) et d’autres invitent les membres de l’assemblée des clients d’ECLOF Philippines à se joindre à une danse d’action de grâces.

L’entreprise de tricot de Sylvia Yampan connaît un tel succès qu’elle donne du travail à six personnes.

 

 

 
 
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