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Horizons > Juin 2006New Horizons, the newsletter of the Ecumenical Church Loan Fund

 


Petit poisson deviendra grand…

Ils étaient trois hommes, tous parents, qui ont lancé dans le village de Taronik un groupe de solidarité qui n’a cessé de croître. En 1990, dans un climat socio-économique difficile, ces trois hommes à la recherche d’un emploi ont mis en commun leurs ressources pour commencer à travailler dans différents domaines agricoles: élevage, production de froment et de fourrage et surtout pisciculture. Cette dernière activité a connu un succès remarquable, grâce notamment à une série de prêts d’ECLOF.

Depuis ses débuts, le groupe de solidarité de Taronik, avec les familles de ses membres, pratique l’élevage des truites. Après une rapide croissance, une période de difficultés socio-économiques touchant toute l’Arménie, entre 1992 et 2001, affecta sérieusement les affaires du groupe.

Des membres du groupe de solidarité de Taronik pèsent un esturgeon pour voir combien de poids il a pris. De gauche à droite: Hoghmik Yeghiazaryan (chef du groupe) et son fils Norayr, Hakob Malkhasyan et Rafik Kirakossyan (membres du groupe), et Tsolak Malkhasyan (fils de Hakob Malkhasyan).

En juillet 2001, le groupe sollicita d’ECLOF un prêt représentant USD 4 000 et utilisa cet argent pour construire quatre étangs et un local de pisciculture. En six mois, les trois membres du groupe creusèrent un puits profond pour alimenter les étangs en eau claire et installèrent des systèmes de tuyaux et de pompes permettant de faire couler 40 litres par seconde. L’entreprise n’utilise aucun produit chimique et toute l’eau qu’elle consomme passe ensuite dans le système communautaire d’irrigation.

Grâce à l’expansion de groupe, le nombre de poissons atteignit 20 000 environ, ce qui incita les hommes à solliciter un second prêt; en mars 2002, ils reçurent l’équivalent de USD 6 000. Ils purent ainsi élever 40 000 poissons et acheter suffisamment de nourriture, ce qui fit doubler leurs revenus.

Pour continuer sur cette voie et affronter la concurrence, le groupe a reçu en avril 2003 un troisième prêt ECLOF représentant USD 17 600; la micro-entreprise était ainsi devenue une petite entreprise. De cette manière, le groupe a pu disposer de sept étangs et de quatre puits. L’entreprise a acheté également un camion et trois voitures pour permettre aux membres de se déplacer pour se procurer de la nourriture et transporter les poissons vendus.

Pendant la durée du troisième prêt, les membres avaient prévu de réduire les salaires, mais les affaires marchent si bien qu’ils ont pu toucher un revenu normal; le groupe applique des critères de qualité élevés, ce qui limite les pertes et permet d’obtenir des poissons de plus grande taille, donc de les vendre à meilleur prix. C’est ainsi que le groupe a pu rembourser le prêt avant le délai fixé et, en avril de cette année, en demander un quatrième, d’un montant de USD 30 000. Cela permettra de nouveaux agrandissements: les étangs existants seront améliorés et on en creusera quatre nouveaux; on va forer un puits plus profond et installer un nouveau système de circulation d’eau. Il est également prévu de construire un local pour l’élevage des alevins, ainsi que de se lancer dans l’élevage de l’esturgeon. Le groupe de Taronik voudrait aussi exporter ses poissons en Europe et a commencé des recherches pour déterminer les goûts des consommateurs, ainsi que les réglementations officielles qu’il faut respecter.

Les 30 000 dollars du dernier prêt accordé au groupe de Taronik peuvent paraître élevés, mais ils ne représentent même pas la moitié de ce qui est nécessaire pour réaliser le dernier plan de développement. Il ne faut pas oublier que l’entreprise emploie 17 ouvriers et que 45 personnes dépendent d’elle pour vivre. La nourriture des poissons représente la principale dépense. Pour en obtenir à un prix avantageux, il faut se rendre à l’étranger et l’acheter directement au producteur. Mais la quantité minimum est un conteneur maritime, soit 20 tonnes, ce qui coûte environ USD 25 000.

Le succès du groupe de solidarité de Taronik montre ce que quelques personnes déterminées peuvent accomplir et comment un tel groupe peut s’imposer sur le marché, tout en réalisant des revenus suffisants.

 

La pisciculture du groupe de solidarité: à l’arrière-plan, Hoghmik Yeghiazaryan nourrit les poissons, pendant que Rafik Kirakossyan nettoie le tamis à l’extrémité du tuyau qui relie deux des étangs, pour s’assurer que l’eau circule librement.

 

 
 
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