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New Horizons > Juin 2005New Horizons, the newsletter of the Ecumenical Church Loan Fund

 


Tout cela en une journée de travail

Parmi le personnel d’ECLOF travaillant en première ligne, il y a des gens relativement jeunes qui assument pourtant de grosses responsabilités et des risques non négligeables en fournissant des prêts aux personnes qui n’ont aucune autre possibilité de crédit. Kinkini Manjula, qui travaille comme gestionnaire de crédits ECLOF à Sri Lanka, a dû également s’occuper des suites du tsunami qui a frappé son pays en décembre dernier. Horizons lui a demandé de se présenter elle-même aux lecteurs.

J’ai 24 ans, je vis avec ma mère et mon frère âgé de 14 ans qui est en neuvième année à l’école. Je viens de l’ouest de Sri Lanka et j’ai terminé ma scolarité en 2000.

J’ai alors fréquenté le collège agricole de Kuliyapitiya où j’ai passé mon diplôme national d’agriculture. J’ai été interne pendant deux ans et demi. J’ai suivi toute une série de cours : élevage, horticulture, agriculture, initiation à l’informatique, etc.

En 2002, à la fin de mes études, je suis entrée au Centre de recherches en cultures vivrières comme chercheuse adjointe. J’ai travaillé ensuite au service d’une société d’exportation en fruits, légumes et poisson.

C’est en septembre dernier que j’ai commencé à travailler pour ECLOF en qualité de gestionnaire de crédits. J’avais vu une offre d’emploi dans notre journal national. Un de mes amis connaissait ECLOF car il travaille pour un autre organisme de microcrédit qui fait des prêts à des femmes.

Après un entretien et après avoir été présentée à ECLOF Sri Lanka, j’ai été engagée comme membre du personnel d’ECLOF. Il y a eu ensuite des visites sur le terrain au cours desquelles j’ai pu observer la façon dont le responsable du programme présentait les produits ECLOF à de nouveaux clients et faisait l’évaluation des projets. Puis, c’est lui qui m’a accompagnée alors que je faisais la même chose, en m’observant pour voir si je faisais bien le travail.

Molpe Society

Après ma période de formation, on m’a confié la responsabilité de la région ouest. La Molpe Society, de Moratuwa, fait partie de ma région. Shanthi Siriyalatha (cf. col. X) est l’une de mes clientes dans cette société qui compte une centaine de membres. Lorsque je suis intervenue, la société avait déjà remboursé un premier emprunt ECLOF et en sollicitait un second.

Cette société a une direction très énergique et elle est très stricte et disciplinée pour ce qui est des questions financières et des remboursements. Sa gestion suscite l’entière satisfaction de ses membres. Je m’y rends deux fois par an et tout se passe bien. C’est essentiellement dû au dévouement de la présidente et des autres responsables.

Tsunami

Le tsunami a sérieusement touché certains membres de la Molpe Society ; ces personnes ont perdu tout moyen de gagner leur vie et elles sont dans l’impossibilité de rembourser les emprunts en cours. Il est regrettable que les autorités mettent du temps à effectuer des règlements aux personnes ainsi pénalisées, incapables de faire redémarrer leur micro-entreprise. D’autres membres de la Molpe Society ont fait bloc et ont répondu aux besoins les plus pressants de leurs collègues en leur procurant des vêtements, des vivres et d’autres objets d’équipement ménager.

La situation était difficile pour le responsable du programme et pour moi, mais nous avons pu garantir aux débiteurs qu’ECLOF continuerait à leur apporter son soutien. Les gens tiennent beaucoup à commencer à reconstruire leur vie, mais ce qui retarde les choses, c’est la lenteur avec laquelle parviennent les indemnités gouvernementales de réinstallation.

Nos clients sont persuadés que si ECLOF pouvait envisager d’accorder des prêts sur une période un peu plus longue qu’actuellement, ils seraient en mesure non seulement de rembourser ces prêts, mais également les arriérés d’avant le tsunami.

Crédit quotidien

La Molpe Society de Moratuwa est constituée de membres qui se situent à des niveaux économiques divers, parmi lesquels il y a des gens qui ne peuvent vivre qu’au jour le jour. Ils empruntent de faibles sommes d’argent selon un schéma spécial de prêt au jour le jour, et ils achètent à d’autres membres des produits, fruits, légumes, poisson, etc. qu’ils vont vendre. Ce plan de prêt au jour le jour a été lancé pour permettre à des personnes extrêmement pauvres d’échapper aux griffes des prêteurs sur gages.

Précautions

Chaque matin de bonne heure, lorsque je pars pour aller visiter mes clients, diverses difficultés m’attendent. Je dois parfois me rendre dans des régions très isolées où il faut passer par des villages et à travers champs pour atteindre ma destination. Il arrive que des hommes que je croise soient ivres, même s’il est encore très tôt, mais j’ai confiance, je n’ai pas peur ; j’ai appris le karaté. Un matin, j’attendais le bus, deux hommes sont arrivés et se sont emparés mon collier. Je les ai flanqués tous les deux par terre, j’ai repris mon collier, puis je suis allée relater cet incident à la police.

J’aime mon travail, en particulier lorsqu’il s’agit de faire l’évaluation des projets et de donner à mes clients un conseil en agriculture ou en élevage. C’est agréable de se dire que ce que j’ai appris dans ce domaine aide maintenant d’autres personnes à améliorer leur niveau de vie.

Nouveau moyen de transport

Jusqu’ici, je suis allée voir mes clients en bus, en train et à pied. Il m’a fallu parfois marcher sur de grandes distances. C’est une perte de temps, surtout parce que certains clients habitent loin les uns des autres.

Récemment, ECLOF Sri Lanka m’a fourni un cyclomoteur, ce qui me permet de couvrir un territoire plus important, de voir plus souvent mes clients et d’augmenter le volume d’ensemble du portefeuille de prêts. Chez nous, il y a beaucoup de gens qui ont besoin d’avoir accès à la microfinance, il est donc important qu’ECLOF accroisse autant que possible son influence.

Le travail que j’accomplis est pour moi une source de fierté en constatant qu’ECLOF peut aider des gens à joindre les deux bouts et à voir leur qualité de vie s’améliorer. Lorsque mes clients me montrent fièrement ce qu’ils ont pu faire grâce à un prêt ECLOF et me remercient, cela me donne du courage pour aller vers toutes les autres personnes qui ont besoin de nous.

Kinkini Manjula receives the keys to her new motorcycle from ECLOF Sri Lanka board member, Mr. V. Vijayakulasingham. M. V. Vijayakulasingham, membre du Conseil d’administration d’ECLOF Sri Lanka, remet à Kinkini Manjula les clés de son nouveau cyclomoteur.

 

 

 

 

 
 
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