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Horizons > Décembre
2003
Kat recueille la crème
Le financement de la production et
de l'agro-alimentaire en Arménie.
Une différence décisive entre
les pays riches et les pays pauvres gît dans la faculté des
premiers de transformer les matières premières
en produits finis plus rentables. Dépourvue de ressources
abondantes en matières premières ainsi que
des machines et de la technologie pour les transformer, une économie
pourra difficilement prendre son essor.
Le cas de l'Arménie est exemplaire à ce
titre. Suite à l'effondrement de l'Union Soviétique,
environ 90% des entreprises, usines et fabriques du pays
auparavant sous propriété de l'état
ont dû fermer. Parallèlement, des terrains publics étaient
soit privatisés soit redistribués. Nombre d'employés
qualifiés de l'industrie et du commerce, souvent originaires
de zones rurales et à présent superflus, ont
saisi l'occasion pour retourner au pays et travailler la
terre qui leur avait été assignée. Les
petites exploitations agricoles privées se sont alors
mises à proliférer et se sont converties en
première source d'emploi et pilier de l'économie
arménienne.
L'industrie agro-alimentaire était
cependant encore loin de pouvoir absorber la production agricole
croissante et le niveau de vie des producteurs agricoles
a décliné rapidement ; ils ont bientôt
formé le secteur le plus pauvre de la société et
l'économie entière en a pâti.
Usine laitière
En 1998, trois ingénieurs sans emploi
et un enseignant, tous en possession de diplômes universitaires
et d'expérience dans le commerce, se sont alliés
pour ouvrir une usine de traitement et de préparation
du lait à Etchmiadzin, ville de près de 68'000
habitants située dans la Province Armavir à 18km
de la capitale Yerevan.
Les quatre fondateurs ont appelés
leur entreprise Diet-Tun , c'est-à-dire « maison
diététique » mais estimé plus
tard que ce nom ne correspondaient pas exactement, leur production
ne portant pas intrinsèquement sur des produits alimentaires
mais plus exactement sur des produits laitiers, comme le
lait entier et le lait écrémé, le yaourt
naturel et le fromage blanc. L'entreprise fut alors rebaptisée Etchmiadzin
Kat (Lait d'Etchmiadzin ). Elle vient s'ajouter au
petit nombre d'usines laitières privées qui
ont vu le jour en Arménie ces dix dernières
années.

Tigran Nahapetyan ( à droite )
et Gohar Tadevosyan font fonctionner la nouvelle machine à emballer
d' Etchmiadzin Kat .

Chargé et prêt à partir.
Un prêt ECLOf a permis à Etchmiadzin Kat d'acheter
son nouveau camion de livraison pour distribuer sa production
croissante.

Les cuves de Kat. (de gauche à droite)
Gohar Tadevosyan, Azaik Hovhannisyan et Sofia Topazyan
produisent des produits laitiers de qualité avec
le nouvel équipement à disposition d' Etchmiadzin
Kat.
Expansion
La demande des produits Etchmiadzin
Kat est en augmentation régulière.
A l'heure actuelle, l'usine fournit ses produits à un
total de 90 points de vente.
En l'An 2000, Etchmiadzin Kat a
lancé un projet pilote pour produire des yaourts
aux fruits et a reçu l'année suivante un
prêt ECLOF d'un montant de 25'000 dollars dans le
but d'augmenter sa production. Pour croître, Etchmiadzin
Kat devait non seulement acheter davantage de lait
et s'approvisionner en grandes quantités de fruits,
mais il lui fallait aussi acquérir une plus grande
machine à emballer et davantage de matériel
d'emballage.
L'année dernière, Etchmiadzin
Kat a reçu un second prêt ECLOF de
l'ordre de 50'000 dollars qui, ajouté à 60'000
dollars en fonds propres, lui a permis d'acheter des
fruits et du lait en plus grande quantité ainsi
que du matériel d'emballage et une machine à emballer
supplémentaire.
Stimulation de l'économie
Etchmiadzin Kat achète
le lait de base aux fermes dispersées dans les villages
de la Province d'Armavir ; deux de ces fermes sont
des petits groupes de solidarité familiaux d'ECLOF
Arménie. L'usine acquiert ses fruits auprès
d'environ 100 petites exploitations agricoles familiales.
ECLOF Arménie a aussi des clients qui ne fournissent
pas l'usine en lait mais collecte des fruits sauvages et
les vendent à l'usine, ceci leur produisant des
rentrées supplémentaires qui viennent s'ajouter à celles
de leur propre vente de lait.
La fondation et l'expansion d' Etchmiadzin
Kat a permis de créer un nombre croissant
d'emplois dans la région. Comptant 17 employés
en l'an 2000, l'usine en emploie maintenant 27. Parmi
les 23 employés de la production, 11 sont des
femmes et 14 des jeunes. Le salaire mensuel moyen des
travailleurs dans la production est de 75 dollars, soit
approximativement 17 dollars de plus que la moyenne nationale.
Commerce équitable
Les fermes laitières de la Province
d'Armavir autour d'Etchmiadzin ont en Etchmiadzin Kat leur
unique acquéreur à grand échelle pour écouler
leur lait. Cela représente à la fois un avantage
et un inconvénient car si l'acheteur est pour le
moins garanti, les fermiers n'ont pas vraiment leur mot à dire
quant à la détermination du prix. Dans le
cas des producteurs de lait qui sont clients d'ECLOF Arménie,
le personnel et les membres du conseil d'ECLOF Arménie
se sont proposés pour servir d'arbitre dans les
négociations sur le prix à payer par Etchmiadzin
Kat afin de veiller à ce qu'il corresponde
au prix de marché. Cela arrange aussi les producteurs
laitiers qui ne sont pas clients d'ECLOF Arménie
car ils bénéficient ainsi de même du
prix de marché.
Perspectives internationales
Outre le crédit et la médiation,
ECLOF Arménie aide Etchmiadzin Kat sur
un autre plan. Un des membres institutionnels d'ECLOF Arménie
représente un organisme de consultation à petite échelle
doté de ramifications internationales. Grâce à son
intervention, deux agences internationales de coopération
ainsi qu'un grand fabricant étranger de yaourts
travaillent avec Etchmiadzin Kat . Tout en donnant
la possibilité à l'usine d'ouvrir des points
de distribution internationaux, ces partenariats permettent à Etchmiadzin
Kat d'acquérir la formation et la technologie
nécessaire pour satisfaire les normes de qualité internationale
ainsi que les volumes de production requis.
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