Commentant les services financiers ruraux
destinés aux pauvres, objet de l'article faisant
la une de cette page « Les Pauvres à nouveau
exclus », José Luis Pereira Ossio, Directeur
Exécutif d'ECLOF Bolivie(ANED)nous fait remarquer
que si l'on veut arriver à disposer de services
micro-financiers ruraux qui soient rentables du point de
vue et économique et social, les politiques gouvernementales
doivent pour le moins prévoir un minimum de conditions à même
de soutenir ce secteur aussi bien sur le plan financier
que sur celui des services complémentaires d'assistance
téchnique.
José Luis revendique une combinaison
de différents instruments financiers s'inscrivant
dans une stratégie visant à établir
des institutions et des services durables. Il montre les
risques auxquels on s'expose à se concentrer exclusivement
sur les indicateurs d'efficacité financière.
José Luis estime qu'une telle approche ne tient
pas compte du fait que des changements structurels sont
nécessaires dans les modèles de production
générateurs de revenus qui, à leur
tour, amplifie les différences économiques
et sociales.
Fort d'un portefeuille de prêt de
7,8 millions de dollars et de 34'000 clients dont 91% appartiennent
au secteur rural, ces considérations d'ECLOF Bolivie
sont importantes pour la famille ECLOF attelée actuellement à l'élaboration
d'un nouveau plan stratégique.
La question revient toujours si ECLOF
garde un registre et suit les clients avec lesquels la
fondation a travaillé pendant longtemps. Etant donné les
ressources supplémentaires que cela présuppose,
un suivi systématique n'existe pas. Dans ce numéro
pourtant, nous avons le plaisir de faire connaître à nos
lecteurs l'histoire d'une organisation d'agriculteurs de
l'état du Bahia au nord-est du Brésil.(« Capital
d'amorçage pour le sisal », p6)
La publication de ce numéro de Nouveaux
Horizons coïncide avec le mois célébrant
le Jour Mondial du SIDA (le 1 er décembre). L'effroyable
impact de la pandémie du VIH/SIDA dans certaines
populations du monde, particulièrement en Afrique,
exige que nous aussi faisions tout ce qui est à notre
portée pour contribuer à résoudre
ce fléau. ECLOF travaille avec de nombreuses communautés
pauvres qui souffrent de l'effet dévastateur du
VIH/SIDA. A notre avis, financer les micro-entreprises
de familles pauvres et les mettre ainsi en mesure d'augmenter
leurs revenus constitue un volet de la solution à apporter
face au VIH/SIDA. Nous devons aussi mettre sur pied des
partenariats stratégiques avec les organisations
qui travaillent au niveau de la prise de conscience concernant
l'importance des mesures préventives et curatives
pour le VIH/SIDA, afin que les clients et les communautés
avec lesquels nous travaillons soient pleinement conscients
du rôle qu'ils ont à jouer dans la prévention
et le traitement du VIH/SIDA et connaissent également
les services à leur disposition.
Muhungi Kanyoro