Les
Eglises lancent une campagne sur le commerce
Une
nouvelle campagne globale a été lancée,
qui cherche à rendre prioritaire les droits internationaux
de l’homme, ainsi que les accords dans les domaines
sociaux et écologiques, par rapport aux lois et politiques
commerciales.
Sous
le slogan, "Le commerce au service des personnes et
non les personnes au service du commerce", l’organisation
Alliance Œcuménique- Agir Ensemble (EAA), basée
à Genève.
a lancé sa campagne lors de la Journée Mondiale
des Droits Humains, en décembre dernier. Cette campagne
de 3 ans sur le commerce aura pour principal but d’affirmer
que les droits à la nourriture, la santé,
l’éducation, le travail et un niveau de vie
correct font partie intégrante de la structure internationalement
reconnue des droits de l’homme, et que ces droits
sont par conséquent une obligation légale
et non une option pour les politiques.
L’Alliance
rejette tout discours qui au nom de la compétitivité
et l’efficacité accepte le fait que certaines
personnes et communautés pourraient perdre ces droits
de base dans le marché global.
L’Alliance
est un réseau global regroupant plus de 85 églises,
agences de développement et organisations partenaires
sur tous les continents, y compris le YWCA (Alliance Mondiale
des Unions Chrétiennes Féminines), le Conseil
Mondial des Eglises, le Pain pour le Prochain et bien d’autres
encore. L’Alliance représente une constituante
de centaines de millions de gens. "En tant qu’institutions,
et en tant que membres de la société civile,
nous croyons que nous avons à la fois l’obligation
et le pouvoir de parler pour défendre la justice
et de changer les règles du commerce global,"
telles sont les paroles prononcées par Dr Musimbi
Kanyoro, membre du conseil de l’Alliance
Lors
d’une brève conférence de presse à
Genève au lancement de la campagne, Dr Kanyoro, qui
est également secrétaire générale
du YWCA, expliqua que l’injustice économique
est le fer de lance de "règles commerciales
qui ne sont pas justes et qui ne mettent pas les gens au
premier plan". "Cette situation", nous dit-elle,
"est en train de scinder la communauté globale,
en la déchirant violemment ».
Et
pourquoi les Eglises?
Au moment du lancement de la campagne, le Président
d’ECLOF International, le Rév. Prof. Christoph
Stückelberger répondit aux journalistes que
les églises avaient repris ce thème du commerce
"parce que les normes dans la Bible en matière
d’économie, y compris l’échange
des biens et des services, sont la justice et la défense
des pauvres".
"Cette
vision", explique Prof. Stückelberger, "ne
doit pas être réduite à une simple égalité
de chance qui donnerait à chacun la possibilité
de rivaliser sans contrôle. Cela a toujours aidé
ceux qui avaient déjà accès au pouvoir
politique et économique à prendre plus de
pouvoir et une plus grande part des ressources mondiales,
et ainsi créer des élites du pouvoir, supprimant
par là les chances des autres."
Les
participants à la campagne de l’Alliance reconnaissent
que "le commerce est une activité sociale de
base", et qu’il "peut contribuer au bien
commun". Cependant, "le commerce qui repose sur
des clauses inéquitables est destructeur, il crée
et maintient les inégalités et peut conduire
à la violence, au conflit et à la destruction
de l’environnement. Le commerce doit être un
moyen de partager les générosités de
la terre et les fruits du labeur humain ; mais, trop souvent,
il devient une force qui entraîne pauvreté,
désespoir, injustice et mort".
Plan
d’Action
La campagne du commerce global plaidera en faveur de règles
et de politiques qui reconnaîtront le droit à
la nourriture, assureront les bases d’une agriculture
autosuffisante, promouvront une plus grande indépendance
dans les pays en voie de développement, garantiront
pour tous l’accès aux services essentiels,
et permettront la régulation des corporations transnationales.
Ce
plan d’action inclut les points suivants :
Toutes
les églises et organisations participant à
cette campagne reprendront l’agenda commun avec leurs
propres gouvernements et travailleront aussi ensemble pour
influencer les institutions internationales.
Les
détails de cette campagne ont été communiqués
au directeur général de l’Organisation
Mondiale du Commerce (OMC) Supachai Panitchpakdi ainsi qu’au
Haut Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme,
Sergio Vieira de Mello. Tous deux ont accepté de
rencontrer l’Alliance. Ont également été
informés de cette campagne tous les représentants
gouvernementaux, les observateurs auprès de l’Organisation
Mondiale du Commerce, ainsi que tous les ambassadeurs en
poste en Suisse.
Plus
de détails sur la campagne "Le commerce au service
des personnes et non les personnes au service du commerce",
de même que la pétition, sont disponibles sur
le site web de l’Alliance, http://www.e-alliance.ch/trade.htm