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Horizons, Bulletin informatif de la Fondation Oecuménique de CréditHorizons > Juin 2003

 

L’Angola de l’après-guerre


Après la signature d’un traité de paix entre le Gouvernement de l’Angola et le Parti UNITA, les deux églises du pays, membres de l’Alliance Réformée Mondiale (ARM) ont invité une équipe œcuménique dirigée par l’ARM à visiter l’Angola. Lazarus Sigauke, Président d’ECLOF Zimbabwe, représentait ECLOF dans ce groupe de huit personnes et il nous décrit ici la situation très difficile à laquelle les gens doivent faire face dans cette période d’après-guerre.

Nous avons tous vu de nos propres yeux les dégâts causés par la guerre en Angola, tant au niveau humain que matériel.

Les gens nous ont fait part de leur peur constante pendant cette guerre, car ils avaient l’impression qu’elle ne prendrait jamais fin. Nous avons appris que beaucoup de ceux qui avaient fui leur maison des zones rurales en guerre pour chercher refuge dans les villes avaient, soit péri, soit enduré des souffrances insoutenables. L’un des pasteurs a parlé de gens qui étaient nus à l’église, parce que tous leurs biens avaient été détruits pendant les combats. Un autre nous raconte comment il avait souvent jusqu’à cinq enterrements par jour pour des victimes de la guerre.

Les pasteurs et les gens nous ont dit comment ils avaient vu leurs voisins et amis mourir de faim et de maladie, et être ensevelis dans leurs jardins, dans les parcs ou partout ailleurs où une tombe pouvait être creusée. Durant la guerre, il y avait une loi tacite qui voulait que si une personne était blessée, on ne s’en occupait pas parce que le risque était trop grand pour ceux qui voulaient les aider. Les mines avaient également pris leur tribut et les gens restaient allongés là où ils étaient tombés, dans certains cas suppliant pour qu’on les achève.

Au milieu de toute cette souffrance j’ai découvert l’espoir. Un pasteur m’a confié, "Nous avons tellement souffert, que nous en avions perdu nos valeurs et nous refusions même de recevoir nos propres familles dans nos maisons. Mais, par la grâce de Dieu le Père, nous sommes encore là et espérons pouvoir construire à nouveau notre pays."

Les angolais ont maintenant besoin de conseils et d’autres soutiens psychologiques pour les aider à dépasser le traumatisme de la guerre. L’église est solide et bien placée pour les aider. Pendant la guerre, l’église a maintenu la foi vivante dans le cœur des gens. Elle essaie maintenant de faire entendre un message de réconciliation, d’acceptation, de guérison et de reprise en main de son destin.

L’espoir et l’optimisme des gens se reflètent dans leurs efforts visibles de reconstruction, mais ils n’ont pas de fonds pour acheter des matériaux. Les hôpitaux essaient non seulement de reconstruire leurs locaux mais aussi de trouver les moyens d’acheter ou de se procurer les médicaments dont ils ont désespérément besoin.

Nous avons visité des écoles qui venaient d’être rouvertes mais où les enfants n’ont pas de bureau ou de chaises, et où ils écrivent sur des pierres ou des briques parce qu’ils n’ont pas de papier.

L’Angola est riche en pétrole et en diamants, avec des terres, mais la plupart des angolais sont pauvres parce que cette guerre, fomentée dans le but de contrôler la richesse du pays, a détruit presque tout ce que les gens possédaient. Les angolais veulent reconstruire et ont besoin de reconstruire. Le problème qui se pose est que ceux qui vivent dans les villes manquent de moyens, tandis que ceux qui désirent retourner dans les zones rurales qu’ils ont fui, ne peuvent pas le faire car la terre est encore infestée de mines.

Le monde doit comprendre que l’Angola a désespérément besoin d’aide pour se reconstruire et pour s’assurer que les fruits des richesses minérales du pays bénéficieront à la majorité plutôt qu’à une petite élite collaborant avec des entreprises étrangères.

 
 
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