L’Angola
de l’après-guerre
Après la signature d’un traité
de paix entre le Gouvernement de l’Angola et le
Parti UNITA, les deux églises du pays, membres
de l’Alliance Réformée Mondiale (ARM)
ont invité une équipe œcuménique
dirigée par l’ARM à visiter l’Angola.
Lazarus Sigauke, Président d’ECLOF Zimbabwe,
représentait ECLOF dans ce groupe de huit personnes
et il nous décrit ici la situation très
difficile à laquelle les gens doivent faire face
dans cette période d’après-guerre.
Nous
avons tous vu de nos propres yeux les dégâts
causés par la guerre en Angola, tant au niveau
humain que matériel.
Les
gens nous ont fait part de leur peur constante pendant
cette guerre, car ils avaient l’impression qu’elle
ne prendrait jamais fin. Nous avons appris que beaucoup
de ceux qui avaient fui leur maison des zones rurales
en guerre pour chercher refuge dans les villes avaient,
soit péri, soit enduré des souffrances insoutenables.
L’un des pasteurs a parlé de gens qui étaient
nus à l’église, parce que tous leurs
biens avaient été détruits pendant
les combats. Un autre nous raconte comment il avait souvent
jusqu’à cinq enterrements par jour pour des
victimes de la guerre.
Les
pasteurs et les gens nous ont dit comment ils avaient
vu leurs voisins et amis mourir de faim et de maladie,
et être ensevelis dans leurs jardins, dans les parcs
ou partout ailleurs où une tombe pouvait être
creusée. Durant la guerre, il y avait une loi tacite
qui voulait que si une personne était blessée,
on ne s’en occupait pas parce que le risque était
trop grand pour ceux qui voulaient les aider. Les mines
avaient également pris leur tribut et les gens
restaient allongés là où ils étaient
tombés, dans certains cas suppliant pour qu’on
les achève.
Au
milieu de toute cette souffrance j’ai découvert
l’espoir. Un pasteur m’a confié, "Nous
avons tellement souffert, que nous en avions perdu nos
valeurs et nous refusions même de recevoir nos propres
familles dans nos maisons. Mais, par la grâce de
Dieu le Père, nous sommes encore là et espérons
pouvoir construire à nouveau notre pays."
Les
angolais ont maintenant besoin de conseils et d’autres
soutiens psychologiques pour les aider à dépasser
le traumatisme de la guerre. L’église est
solide et bien placée pour les aider. Pendant la
guerre, l’église a maintenu la foi vivante
dans le cœur des gens. Elle essaie maintenant de
faire entendre un message de réconciliation, d’acceptation,
de guérison et de reprise en main de son destin.
L’espoir
et l’optimisme des gens se reflètent dans
leurs efforts visibles de reconstruction, mais ils n’ont
pas de fonds pour acheter des matériaux. Les hôpitaux
essaient non seulement de reconstruire leurs locaux mais
aussi de trouver les moyens d’acheter ou de se procurer
les médicaments dont ils ont désespérément
besoin.
Nous
avons visité des écoles qui venaient d’être
rouvertes mais où les enfants n’ont pas de
bureau ou de chaises, et où ils écrivent
sur des pierres ou des briques parce qu’ils n’ont
pas de papier.
L’Angola
est riche en pétrole et en diamants, avec des terres,
mais la plupart des angolais sont pauvres parce que cette
guerre, fomentée dans le but de contrôler
la richesse du pays, a détruit presque tout ce
que les gens possédaient. Les angolais veulent
reconstruire et ont besoin de reconstruire. Le problème
qui se pose est que ceux qui vivent dans les villes manquent
de moyens, tandis que ceux qui désirent retourner
dans les zones rurales qu’ils ont fui, ne peuvent
pas le faire car la terre est encore infestée de
mines.
Le
monde doit comprendre que l’Angola a désespérément
besoin d’aide pour se reconstruire et pour s’assurer
que les fruits des richesses minérales du pays
bénéficieront à la majorité
plutôt qu’à une petite élite
collaborant avec des entreprises étrangères.