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New Horizons, the newsletter of the Ecumenical Church Loan FundHorizons > Décembre 2002

 

Servez efficacement et vivez selon vos moyens

Le Président du conseil International ECLOF lance un défi aux directeurs nationaux

Rév. Prof. Christoph Stückelberger a un jour déclaré, lors d’un rassemblement ECLOF, que l’efficacité et les pratiques rentables sont la seule méthode pour traiter des problèmes courants rencontrés par un certain nombre de Comités Nationaux ECLOF (CNEs).

Le Président d’ECLOF International s’adressait alors au second Atelier International des Directeurs réunissant 17 délégués de Comités Nationaux ECLOF (CNEs) autour du monde. L’Atelier précédent avait eu lieu en Bolivie quatre ans auparavant.

D’autres personnes présentes à la réunion de cette année comprenaient des membres du conseil de la Suisse, des Philippines et de la République dominicaine, ainsi que des membres de ressources de la Bolivie, de la République dominicaine et des USA. Cinq membres du personnel du Secrétariat de Genève étaient également présents.

La réunion fut initiée par deux jours de visites sur le terrain pour rencontrer les clients ECLOF dans leurs communautés et écouter leurs expériences. Les délégués passèrent ensuite les cinq jours restants à l’écoute de présentations d’experts, et à participer à des discussions et à des ateliers de travail.

Thème
Sous le thème, “Servez efficacement et vivez selon vos moyens”, l’atelier international de directeurs permit aux participants de se remettre à jour sur les thèmes d’actualité et le développement au sein des CNEs, et de discuter de propositions pratiques liées à la gestion et à l’extension de l’organisation de leurs agences.

Culte
L’atelier débuta tous les jours par un culte dirigé par les participants de chacune des régions représentées par les CNEs. Le CNE de la République dominicaine, hôte de l’Atelier, dirigea le culte de la première journée: l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine/Les Caraïbes présidèrent les autres journées. Les directeurs ont souligné à quel point les lectures bibliques, les réflexions, prières et chants les auront inspirés pour le travail qui a suivi.

Visites sur le terrain
Les visites sur le terrain fournirent aux participants une approche personnelle de certaines des activités fondées par ECLOF Dominica, ainsi que l’occasion de parler à leurs clients. Les membres de l’atelier visitèrent ainsi le Projet “Guerra”, la Coopérative “Las Mercedes”, l’Eglise “Rosa de Sarón, l’Eglise pentecôtiste “I am the Good Pastor” (Je suis le Bon Berger), l’Association de Femmes “The New Hope“ (le Nouvel Espoir) et la Chambre de Commerce Sabana Perdida (pour plus de détails, voir "A la rencontre des clients ECLOF" page ??).

Equitable et crédible
Le Président d’ECLOF International, Rév. Prof. Christoph Stückelberger, ouvrit officiellement l’Atelier par une présentation sur le “Crédit équitable par une délégation crédible”.

Prof. Stückelberger, Secrétaire Général de “Pain pour le Prochain” et Professeur d’Ethique à la Faculté de Théologie de l’Université de Bâle en Suisse, souligna quatre sujets qu’il affirmait devoir être pris en considération dans la définition du crédit équitable et de la délégation crédible:

  • Critères moraux pour le crédit équitable;
  • Gestion efficace;
  • Délégation responsable;
  • Direction limpide.

Critères moraux
Tirant ses réflexions des sept critères établis par le Réformateur du 16ème siècle John Calvin, destinés à l’établissement de taux d’intérêt, Prof. Stückelberger mit en évidence les critiques formulées par Calvin selon lesquelles, "Celui qui emprunte devrait profiter autant, sinon plus de l’argent emprunté, que le créancier", et encore, que "L’on ne devrait pas dépasser les limites instaurées par les lois locales et régionales." Cette dernière restriction, nous dit le Président d’ECLOF, pourrait vouloir dire l’acceptation d’une limite au profit imposée par les autorités gouvernementales, comme par exemple au moyen d’une taxe sur le gain en capital.

Gestion efficace
Prof. Stückelberger continue en disant que le crédit proprement implanté et planifié est une manière efficace de donner la possibilité aux communautés urbaines et rurales d’utiliser les atouts et les talents qu’ils possèdent déjà. Cette méthode permet aux gens d’être participants actifs dans leur propre développement et dans celui de leurs communautés. Le défi consiste à gérer les programmes de micro finance d’une manière crédible et soutenable, facile d‘usage pour le client, rentable et efficace.

Délégation responsable
Être délégué, ajoute le Prof. Stückelberger, est l’une des valeurs-guide du travail d’ECLOF. "ECLOF s’efforce d’être un délégué responsable de ses ressources, acceptable et limpide dans son travail, ordonné dans l’évaluation de ses progrès et résultats, professionnel dans la gestion de ses fonds, et enfin, doté d’une intégrité personnelle telle qu’ECLOF peut grandir et servir de nombreuses personnes”.

Direction limpide
Une direction limpide et démocratique engendre la crédibilité d’ECLOF, nous explique Prof. Stückelberger. Ceci comprend le processus de nomination au Conseil qui doit être suivi à la lettre dans le but de sauvegarder la famille ECLOF dans son ensemble.

Un second domaine de limpidité concerne les ateliers et la formation. ECLOF continue d’investir dans ces domaines au travers de son fonds d’assistance technique. Il est très important, nous dit le Prof. Stückelberger, que les leçons apprises dans les ateliers et les cours de formation soient améliorées et institutionnalisées au sein des CNEs.

En faisant référence au Secrétariat et au Conseil International, le Prof. Stückelberger souligne l’importance de se rappeler que sur les 22 membres du Conseil, à l’exclusion du Président et du Trésorier, huit sont membres actifs de Comités Nationaux ECLOF, ce qui constitue la plus large circonscription électorale d’ECLOF. ECLOF est probablement la seule institution de ce genre mettant l’accent sur ce type de représentation.

“Dans l’industrie de la micro finance, laquelle est en passe de devenir de plus en plus importante, commercialisée et compétitive, je crois qu’ECLOF peut fournir une contribution importante, celle de proposer, non pas seulement un prêt, mais une stratégie engageant autrui.”

Rév. Prof. Christoph Stückelberger, Président, ECLOF International

Connaître nos clients
Lors d’une des sessions suivantes de l’atelier, Mercedes Canalda, Directeur exécutif de l’Association Dominicaine pour la Promotion Economique Féminine (Dominican Association for the Economic Promotion of Women - ADOPEM), et membre du conseil International d’ECLOF, présente le thème “Connaître nos clients”. Mme Canalda explique la façon dont la recherche sur le marché pourrait soutenir la stratégie de développement et de soutenabilité d’un CNE. Selon elle, le travail de recherches est "une plate forme puissante nous permettant de nous propulser jusqu’aux décisions de marketing”, lesquelles montreraient le chemin vers un programme de crédit à succès (voir ci-contre (see sidebar) ??).

Planification future
Suivirent une série de présentations, des discussions par groupes d’orateurs et des sessions de groupes de travail, couvrant un éventail de sujets sur les manières et possibilités d’assurer le succès d’une organisation micro financière telle qu’ECLOF.

Les directeurs internationaux se répartirent en groupe pour préparer le plan triennal imaginaire d’un CNE 'allant vers les autres', et cherchèrent à répondre à la question, 'Qu’est-ce qui pousse les clients à rester avec un CNE?'

Les groupes conclurent que l’expansion des programmes d’ECLOF ne devrait pas être ‘guidée par les ressources' mais plutôt par sa 'mission' d’allègement de la pauvreté et par le 'marché', c’est à dire partir à la recherche de ceux qui sont dans le besoin.

Expansion
Larry MillanUn groupe de trois orateurs experts présentèrent leurs expériences respectives des stratégies d’expansion. Larry Millan des Philippines partagea ses réflexions sur le but, les critères et les procédures d’une expansion. José Luis Pereira de la Bolivie nous parla de l’expérience positive d’ECLOF Bolivie quant à l’extension des agences et du personnel, expliquant par là que cette expansion était nécessaire au soutien d’une stratégie de développement institutionnelle, soigneusement planifiée. Finalement, Ramón Alvarez de la République dominicaine souligna les leçons que son CNE avait tirées de la nécessité de développer les programmes et les produits.

CGAP
John Banda, Directeur exécutif d’ECLOF Zimbabwe, discuta de l’importance qu’il y a de définir des taux d’intérêt soutenables, de l’importance de lignes directrices pour calculer ces taux d’intérêt, et de la manière dont ces taux sont à établir dans un environnement soumis à l’inflation. Dans sa présentation, M. Banda se réfère aux lignes directrices d’établissement de taux d’intérêt du CGAP (Consultative Group to Assist the Poorest, par la World Bank (Groupe Consultatif d’Assistance aux plus Pauvres, organisé par la Banque Mondiale).

Politique de paiement
Une session fut consacrée au rapport du groupe de travail chargé de réviser la politique d’ECLOF, selon laquelle les CNEs se doivent de retourner à ECLOF Genève un tiers des intérêts perçus sur les prêts qu’ils octroient.

Après un débat approfondi, les directeurs internationaux acceptèrent à l’unanimité les recommandations faites par le groupe de travail, qui est de réaffirmer la politique actuelle du tiers d’intérêt, pour l’ensemble de la famille ECLOF.

Soutenabilité
Martin VillafuerteAu cours d’une session complète, Martín Villafuerte, Directeur exécutif d’ECLOF Pérou, développa le thème suivant, “Soutenabilité : Défis et Possibilités”.
M. Villafuerte parcourut l’ensemble du contexte et des domaines d’approche de la soutenabilité, la soutenabilité dans les institutions et au sein d’ECLOF, le planning financier et enfin, les dimensions et gestions de la soutenabilité.

 

Rôles
Un groupe d’orateurs formé de Mercedes Canalda, Joy Lumbag (Philippines), Byron Tweeten (USA) et Edgar Guardia (Bolivie) discutèrent des “Rôles du conseil et de l’administration”.

Byron Tweeten, consultant international renommé sur les thèmes organisationnels, ainsi que Président et fondateur/administrateur en chef de ‘Growth Design Corporation’, guida les directeurs internationaux dans des chemins de discussion sur la manière d’amener leurs comités directeurs et leurs CNEs vers l’expansion et le succès. Il se servit de son livre comme référence, Des comités et gestions transformateurs.

M. Tweeten nous dit que "les roues motrices du changement" dans notre monde sont : la consolidation, la technologie, les besoins (en innovation et en changement), et la globalisation. Il nous définit également trois types de conseils ‘modèles’ :

  • Politique de gouvernement: maturité, stabilité;
  • Opérationnels: nouveautés, ouverture au développement, main-mise;
  • Transformationnels: engagement, environnement changeant, rapidité dans le changement.

Les leaders d’aujourd’hui, affirma Byron Tweeten, doivent pouvoir penser stratégiquement en groupes, saisir les orientations du marché et leurs répercussions sur le changement organisationnel, jouer divers rôles dans le processus du groupe, conduire les expertises pour les processus et prises de décision, et prendre les décisions pour le bien de l’institution et donc de la plus grande circonscription communautaire qu’est ECLOF.

Un leader du 21ème siècle, nous dit-il, est susceptible d’avoir à assumer les rôles suivants, tout aussi importants les uns que les autres: régulateur, donneur d’informations, nourricier, interrogateur, et ‘faciliteur’.

Mobilisation de ressources
Byron TweetenByron Tweeten rejoignit ensuite Rosa Guerrero, Directrice financière d’ECLOF Ecuador, and José Luis Pereira, Directeur exécutif d’ECLOF Bolivie, pour conduire une approche des mobilisations de ressources et de la manière dont on peut relier le planning stratégique avec le développement de ressources.

Le groupe d’orateurs rappela aux directeurs internationaux les paroles de l’Evangile de Matthieu:
"Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve et l’on ouvre à celui qui frappe." (Matthieu 7:7-8)

Byron Tweeten mit l’accent sur quatre éléments essentiels au développement de ressources: la planification, le volontariat dans le leadership, le soutien et la recherche de partenaires de fonds potentiels. Byron dit que "La mobilisation de ressources englobe tout ce qui concerne la construction de relations et l’instruction."

Ce panel d’orateurs décréta aux participants qu’un conseil directeur doit démontrer qu’il est:

  • Digne des dons de ressources financières, en temps et en talent;
  • Digne de philanthropie à haute priorité;
  • Capable d’intéresser et d’engager le meilleur talent;
  • Désireux de mettre en valeur tous les constituants et les inviter à la participation.

“Comme le Conseil va, ainsi va l’organisation”
Byron L. Tweeten

Gestion du risque
Kay Dixon, Economiste et banquière américaine ainsi que Mary Kuria d’ECLOF Kenya discoururent sur les difficultés liées à la gestion du risque.

Mme Kuria guida l’atelier au travers d’une considération détaillée des règles et réglementations du Fonds de Gestion du Risque d’ECLOF Kenya (Risk Management Fund).

Mme Dixon définit le risque comme “un résultat négatif possible”, et continua en considérant les différents types de risque. Elle affirma sa conviction que les risques liés aux opérations de change et de crédit pouvaient être abordés indépendamment, bien qu’il fût possible que la solution à l’une soit complémentaire à celle de l’autre.

Kay Dixon souligna que les risques liés à une opération de crédit pourraient exister dans les domaines suivants:

  • Stratégie – Notre stratégie est-elle solide et alignée à notre mission?
  • Réputation – Quel impact la perte d’une bonne réputation aurait-il sur la recherche de fonds?
  • Régulateurs – réglementation de prêts, contrôle de devises, lois sur les taxes;
  • Opération – fraude, détérioration de la qualité du crédit;
  • Loi – application de contrats légaux, système et dispositifs légaux du pays, fréquence des procès au civil;
  • Lacune – entre les actifs à taux fixe (portefeuille de prêt ou d’investissement) et les passifs à taux fixe (fonds pour lesquels il y a paiement d’intérêt);
  • Opérations de change – dévalorisation de la monnaie locale et des transferts à Genève;
  • Crédit – mesures, concentration de prêt, gestion de l’autorité du prêt, réserves sur prêt appropriées.

Mme Dixon fit ensuite les recommandations suivantes:

  • L’estimation du risque de crédit.
    Développement de standards compatibles avec chacun des CNEs en termes d’évaluation du risque, de gestion du portefeuille et de critères d’assurances.
  • Peser l’évaluation avec le risque.
    Les niveaux des taux d’intérêt devraient être liés aux niveaux de risque. Idéalement, plus le risqué est élevé, et plus élevé devrait être le taux d’intérêt.
  • Gestion du risque de crédit.
    Création d’une réserve pour perte sur prêts, allocation d’un pourcentage de risque spécifique pour chaque prêt, conservation d’une réserve en devises fortes.
  • Gestion du risque lié aux opérations de change.
    Création d’une chambre de compensation pour espèces, établissement d’un taux de change fixe appliqué à tous les mouvements de fonds entre les CNEs et Genève.

" Les risques liés aux opérations de change et de crédit peuvent être abordés indépendamment. Cependant il semble également possible que la solution à l’une d’elle assiste l’autre."
Kay Dixon

Taux d’intérêt
Dans sa réflexion au récent atelier international des directeurs en République dominicaine, John Banda, Directeur exécutif d’ECLOF Zimbabwe nous présente ses propres suggestions sur les Lignes Directrices émises par le CGAP (Groupe Consultatif d’Assistance aux plus Pauvres, de la Banque Mondiale), sur l’établissement de taux d’intérêt appropriés dans un environnement inflationnaire.

  • Il est important de calculer le taux d’intérêt approprié et d’en connaître le chiffre exact, même si l’institution de micro finance ne désire pas ou bien n’est pas capable de l’appliquer.
  • Les soldes de prêts sont à réajuster périodiquement en raison de l’inflation et ce système devrait faire partie du contrat de prêt.
  • Dans les cas où la dette est accessible, il pourrait être avantageux de s’en servir pour prêter, car alors les dépenses de perte de pouvoir d’achat basculeront sur le prêteur. Avec le consentement des fournisseurs d’actions ordinaires, ces actions pourraient être utilisées pour compenser le portefeuille au travers d’investissements en actifs stables tels la propriété. Là où les prêts peuvent être faits dans une monnaie plus stable, comme les Dollars US, il est préférable d’utiliser cette même monnaie pour les transactions.

Recouvrement de prêts et arriérés
Larry Millan, Directeur d’ECLOF Philippines, passa en revue les domaines d’inquiétude liés au recouvrement de prêts et au contrôle des arriérés.

Il mit l’accent sur le fait que, avant d’octroyer un prêt, le CNE devrait déterminer la différence entre les besoins du client et ce que celui-ci désire en réalité. Il est également important d’évaluer la capacité du client à rembourser un prêt, ainsi que l’expérience déjà acquise par le client pour utiliser efficacement son prêt. Les garanties du prêt sont également à prendre en considération.

Discipline de crédit
Le client doit montrer qu’il est désireux et capable de payer une dette à son échéance, il doit également montrer qu’il comprend le besoin de priorités clairement définies. Les emprunteurs doivent aussi être conscients de la nécessité de vivre selon leurs moyens.

Système de Recouvrement
M. Millan affirma que les procédures de recouvrement d’échéances doivent être claires et simples, aux responsabilités définies. Il était nécessaire d’établir qui fait quoi, et quand, et dans quelles circonstances le besoin de discrétion se faisait sentir.

Dissuasion
Larry Millan affirma que certaines personnes pouvaient être retirées du micro crédit s’il s’avérait qu’elles étaient incapables de fournir des sécurités appropriées, ou bien si elles encouraient des sanctions punitives ou s’exposaient à des actions en justice. La peur de nuire à la réputation de quelqu’un dans le cas d’un défaut de remboursement pouvait également provoquer un effet de dissuasion.

Arriérés
Les causes générales d’arriérés, selon M. Millan, sont les forces du marché, les conceptions et présomptions erronées, les catastrophes naturelles, les accidents et les décès, le détournement d’un prêt, une faible discipline de crédit, une évaluation incomplète du crédit et l’apathie.

Deux sortes de clients existent: ceux qui ne peuvent pas rembourser leur prêt, et ceux qui refusent de le faire.

Finalement, M. Millan décrivit les huit principes régissant la gestion du CNE des arriérés:
i) Apprendre à comprendre les problèmes des clients;
ii) Faire une vérification des données et procéder à un contrôle du contexte;
iii) Être préparé à une action légale éventuelle;
iv) Rester objectif, ne pas céder à l’émotion ou à la colère;
v) Maintenir autant que possible des relations aimables;
vi) Montrer de la créativité dans la recherche de solutions;
vii) Rendre les clients confiants;
viii) Être moralement convaincu que ce que vous faites est bien.

“Un programme de discipline de crédit efficace est un programme qui crée l’habitude. Nous devons pouvoir ‘habituer’ nos clients à rembourser leur prêt en temps voulu.”
Larry Millan, ECLOF Philippines

Soutenabilité
M. Martin Villafuerte, Directeur exécutif d’ECLOF Pérou, présenta le thème “Soutenabilité: Défis et Possibilités”.

M. Villafuerte affirma que la soutenabilité au sein d’ECLOF était reliée à la représentation de l’organisation au travers de ses ressources, de sa vision, sa mission, les Lignes Directrices Globales et les Normes Minimales de Performance, ainsi que dans son efficacité.

Il ajouta que la planification financière était cruciale, et que la soutenabilité requérait de tout un chacun qu’il vive selon ses moyens et n’ait pas à dépendre continuellement de fonds alloués. Au moyen d’une métaphore bien assenée, l’économiste péruvien compléta son discours en précisant que la soutenabilité d’un CNE requérait de vivre de fruits et non de graines, car ces dernières étaient indispensables à la production de nouveaux fruits.

Afin de gérer avec efficacité un processus de soutenabilité, M. Martin Villafuerte précisa qu’il était nécessaire de posséder:

  • La capacité pour diriger;
  • Le sens de la délégation et des responsabilités;
  • Un processus de planning financier efficace;
  • Une utilisation des ressources et un contrôle des coûts efficaces;
  • L’aptitude à innover;
  • L’intuition des opportunités;
  • Un personnel engagé;
  • Un système d’information efficace et ponctuel;
  • La conscience de l’existence de compétition;
  • Un intérêt pour les alliances stratégiques de constructivité.

Domaines relationnels
Edgar Guardia, économiste bolivien et membre de longue date du conseil d’ECLOF Bolivie, parla sur les moyens d’instaurer une bonne relation entre un conseil de CNE et son administration.

M. Guardia tire son expérience en tant que membre de comité d’un certain nombre d’organisations à but non lucratif et de son rôle actuel comme Directeur exécutif de la Foundation for the Development of Agricultural Technology in the Valleys Region of Bolivia (Fondation pour le Développement de la Technologie Agricole dans les Vallées de la Région bolivienne). M. Guardia précise qu’il a fallu définir une structure solide des rôles et compétences. Les comités directeurs ont un rôle de mise en place de politique stratégique, alors que l’administration possède un rôle opérationnel et exécutif, néanmoins tous deux travaillent de concert avec une vision commune.

"Les comités gouvernent, le personnel gère."
Edgar Guardia

M. Guardia croit nécessaire d’établir un système de balances et de contrôle dans lequel aucune partie ne domine l’autre. Les lignes de commande, l’information et les comptes-rendus devaient être définis de telle manière que les conflits et erreurs de compréhension puissent être évités. Les CNEs doivent éviter le 'syndrome du Fondateur' de même que le 'Syndrome du Directeur exécutif’. Afin d’éviter le ‘Syndrome du directeur exécutif’, la même personne ne doit jamais desservir les mêmes rôles. Les officiers d’un CNE doivent développer une relation de travail basée sur la confiance, la limpidité, la crédibilité, et, plus important encore, le respect mutuel des rôles respectifs. La formation devait être fournie dans les domaines où cela s’avérait nécessaire.

D’autres point étaient à prendre en considération:

  1. Il s’agissait d‘éviter les conflits ou problèmes personnels pouvant interférer avec le déroulement des responsabilités institutionnelles et donc d’utiliser les réseaux mis en place pour résoudre les situations sources de conflit;
  2. La gestion devait impliquer les membres du comité directeur et les tenir informés (ils ne doivent jamais être tenus ignorants ou pris par surprise), afin que les personnes sentent qu’elles font réellement partie de l’organisation.
  3. Le service administratif doit se sentir responsable vis à vis de son comité directeur mais non pas soumis ou intimidé par les membres de celui-ci.
  4. Les membres du comité devraient se demander, 'Que puis-je faire pour aider, soutenir et renforcer le rôle de l’administration?', Plutôt que de simplement en soutirer les informations ou 'en tirer supériorité';
  5. Les comités directeurs devraient être assez fermes pour contrôler, mais juste assez pour dominer;
  6. Les comités ne devraient jamais être impliqués dans les détails quotidiens de l’administration car une telle situation peut paralyser l’efficacité d’une organisation.
 
 
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