La
solution aux problèmes en Afrique du sud
Durant
deux semaines en septembre dernier, la Fédération
Mondiale Luthérienne (Lutheran World Federation
- LWF) a tenu un atelier en micro finance à Bulawayo,
Zimbabwe. Le personnel du LWF d’Angola, du Malawi,
du Mozambique, du Swaziland, de la Zambie et du Zimbabwe
y ont participé (compte-rendu de Nils Gunnar-Smith).
L’atelier
fut une réponse à des besoins exprimés
dans la région et fut destiné à partager
l’information et à construire des aptitudes.
L’atelier
s’est souvenu qu’en Afrique du sud la micro
finance est un aspect important du secteur économique
et ce en raison de la pauvreté croissante, le chômage,
la sécheresse et les faibles performances économiques.
Le défi consiste à savoir comment affronter
la pauvreté là où les services financiers
conventionnels ne correspondent pas aux besoins des démunis.
Ceux
qui ont besoin de ces services financiers font face à
des difficultés telles les conditions inappropriées
imposées par les banques standard, la distance
à parcourir pour aller à ces banques, et
la mobilisation des ressources.
La
micro finance peut cependant combler le trou entre la
pauvreté et l’accès au crédit,
et c’est là la raison pour laquelle ce secteur
est très important pour la région.
J’ai
pris part à l’atelier en tant que conférencier
et participant, représentant de l’Eglise
de Suède, d’ECLOF Genève (je suis
membre de son Conseil) et du Département du Service
Mondial du LWF, au sein duquel je suis coordinateur en
Micro finance à temps partiel.
Cela
me fit du bien de voir le LWF et ECLOF travailler ensemble
au Zimbabwe, cela me rappela que nous faisons tous partie
de la même famille!
John
Banda d’ECLOF Zimbabwe partagea avec nous son expérience
de travail avec les prêts en micro finance. Il nous
dit qu’ECLOF Zimbabwe rencontrait de nombreux problèmes
dans l’administration de ses programmes. Le travail
était un labeur intensif mais la structure du CNE
était fragile. Il nous expliqua que la Micro finance
nécessite un long moment avant de devenir soutenable.
Parallèlement, ECLOF Zimbabwe ne possédait
plus de capital de subvention pour ses dépenses
opérationnelles.
M.
Banda nous exposa qu’en offrant un produit en micro-crédit,
les clients payaient leurs trois premières échéances
mais rencontraient toujours des difficultés pour
régler les trois dernières. Les groupes
formés par les emprunteurs n’avaient pas
de cohésion parce qu’ils s’étaient
formés avec pour seul but d’emprunter.
M.
Banda précisa que les officiers d’ECLOF Zimbabwe
gaspillaient beaucoup de leur temps à régler
des disputes entre les membres. Ceci donnait encore plus
de travail au bureau et augmentait les dépenses.
En parallèle, les revenus et le portefeuille ne
s’amélioraient pas.
Au
vu de ces nombreux problèmes, le conseil s’énerva
contre le produit de la micro finance à tel point
qu’il considéra sérieusement la possibilité
de l’abandonner. C’est alors qu’en 2000,
ECLOF Zimbabwe recruta deux experts en micro crédit
qui se consacrèrent à la formation d’autres
agents, et la micro finance prit un nouvel essor avec
de nouveaux critères:
Les
économies des clients (de l’ordre de 20%
du prêt demandé) sont gérées
par ECLOF Zimbabwe et investis séparément
au travers d’unités de trusts. A la fin de
l’année comptable, ces épargnes peuvent
être utilisées pour solder des arriérés,
avec le consentement des clients.
John Banda ajoute que l’implantation de taux d’intérêt
soutenable est cruciale au déroulement d’un
programme de crédit. Actuellement, ECLOF Zimbabwe
charge un intérêt de 60% par cycle de prêt
de six mois, avec un taux de frais d’administration
par prêt de 5%, pris séparément.
M.
Banda provoqua une discussion très animée
en ajoutant, “Ceux qui utilisent le capital alloué,
pour faire face à leurs dépenses administratives,
se casseront la figure tôt ou tard!”