Habiter
le Jardin de Dieu
Une
étude biblique faite par le Dr. Musa Dube, anciennement
à l’Université de Botswana, est toujours
une occasion mémorable et source d’énergie,
telle qu’elle l’avait déjà démontré
à l’Atelier Régional Africain à
Harare, Zimbabwe l’année dernière. Dans
la version présente de son discours, Dr. Dube nous
propose une réflexion sur l’histoire d’Adam
et Eve dans le Jardin d’Eden.
Nous
habitons tous le jardin de Dieu. La terre est sacrée
et nous devrions être les dignes représentants
de son propriétaire, qui est le Créateur.
Il est par conséquent impératif que nous soyons
de bons gestionnaires des ressources de Dieu dans le jardin
de Dieu.
Jésus
est venu nous montrer une manière de vivre acceptable
dans le jardin de Dieu. ECLOF est une communauté
qui s’est donné comme but de vivre selon et
dans le jardin de Dieu en s’efforçant de s’assurer
de ce que la dignité de tous, la justice, une juste
représentation et l’inclusion des marginalisés
soient réalisées dans le jardin de Dieu.
Nous
avons tous droit d’accès aux ressources de
la terre, car tout a été créé
par Dieu et a été donné aux humains
afin que ceux-ci en soient les gardiens et les gèrent
en tant que tels.
Que
signifie tout ce don gratuit? Cela veut-il dire qu’il
n’existe aucune règle dans le jardin de Dieu?
Cela veut-il dire que nous pouvons nous permettre d’être
imprudents et gaspiller et mal gérer ces ressources?
Quelles sont les conséquences d’une mauvaise
gestion du jardin de Dieu? Nous pourrions diriger ces questions
vers les communautés ECLOF: puisqu’ ECLOF veut
s’assurer de ce que les pauvres et marginalisés
sont inclus et jouissent des richesses du jardin de Dieu,
cela veut-il dire que nous pouvons nous octroyer le droit
de mal gérer ces fonds au nom des démunis?
Où
en êtes-vous?
Dieu nous confie des responsabilités, et Dieu s’attend
à ce que nous y soyons fidèles et que nous
respections les règles établies. Le fait de
manquer à ces données a des conséquences.
Ceci
est clairement établi dans l’histoire d’Adam
et Eve, les premières personnes à avoir séjourné
dans le jardin de Dieu. Ils jouissaient des fruits de tous
les arbres, les eaux claires, les ciels bleus, la mélodie
des oiseaux dans la vallée, et du parfum de mille
fleurs épanouies. Cependant, il y avait des règles
de référence. L’une d’entre elles
interdisait à Adam et Eve de manger du fruit de l’arbre
qui était planté au milieu du jardin.
L’histoire
nous dit qu’un jour, un des habitants du jardin de
Dieu vint et leur demanda, “Dieu a-t-il réellement
dit, 'Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin?'
” (Genèse 3:1). Telle fut la question posée
par un résident du jardin bien informé. La
femme répondit, “Nous mangeons du fruit des
arbres du jardin; Mais quant au fruit de l’arbre qui
est au milieu du jardin, Dieu a dit, 'Vous n’en mangerez
point et vous n’y toucherez point, de peur que vous
ne mourriez'...Alors ils entendirent la voix de l’Eternel
Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme
et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Eternel
Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l’Eternel
Dieu appela l’homme, et lui dit, 'Où es-tu?'
"
Pour
nous, la famille ECLOF, le fruit et l’arbre représentent
ce qui ne doit pas être mangé. Ceci pourrait
se traduire en termes de prêts que nous recevons et
des intérêts que nous remboursons au fonds.
Les prêts ne doivent pas être ‘mangés’
mais remboursés de telle manière que le fonds
continue à servir l’ensemble d’entre
nous. Si nous osons transgresser les termes de référence,
je crains que nous ne nous exposions seulement à
être des représentants indignes. Nous nous
sentirons ‘nus’ et nous cacherons quand Dieu
nous appellera en disant, « Où êtes-vous?
»
Adam
et Eve essaient tous deux d’échapper à
la responsabilité de leur acte. Adam blâme
Eve, laquelle blâme le serpent.
Quelquefois,
lorsque nous œuvrons dans un cadre chrétien,
les croyants peuvent casser les règles, ou penser
que les règles commerciales ne s’appliquent
pas. J’ai fait l’expérience d’une
telle situation dans ma propre vie. Il y a dix ans de cela,
j’ai décidé d’augmenter mes revenus
en vendant des habits et des chapeaux. Pour cette entreprise
commerciale, j’allais en Afrique du Sud une fois par
mois et commandais à la vente des chapeaux et des
habits. Je revendais ces biens aux amis et personnes que
je connaissais. Je me suis immédiatement rendue compte
que mon église était une bonne affaire puisqu’elle
était remplie de gens dignes de confiance. Malheureusement,
l’expérience m’a prouvé le contraire.
Un seul exemple l’illustrera, encore que je pourrais
en citer bien d’autres.
Je
venais d’arriver avec une nouvelle boîte de
chapeaux lorsqu’un homme de mon église s’approcha
et les inspecta. Il me dit, "Je veux celui-ci pour
l’anniversaire de ma femme, qui a lieu à la
fin du mois. S’il vous plait mettez-le de côté."
Ce que je fis. Tôt le matin du jour de l’anniversaire
de sa femme, l’homme vint prendre le chapeau. Quand
je lui demandai de me régler, il me répondit
que sa femme administrait les charges du ménage et
qu’elle me paierait. A vrai dire, cet homme était
un homme d’église et je le croyais et lui faisais
confiance. Lorsque je me rendis auprès de sa femme
pour obtenir le règlement, celle-ci me dit ceci,
“Comment puis-je payer pour mon propre cadeau? Non.
Allez vous adresser à lui.” Et je fus ainsi
coincée entre les deux et ne vis jamais la couleur
de mon argent.
Mon
interprétation des valeurs commerciales négatives,
telle que je l’ai comprise au sein des croyants, consiste
en ce qu’ils assument certaines valeurs chrétiennes
mais les appliquent faussement. A titre d’exemple,
quelqu’un pourra dire que ‘puisque Dieu dit
que nous devons pardonner plusieurs fois, alors je serai
pardonné pour n’avoir pas payé ma dette.’
D’autres
membres d’église peuvent s’avérer
improductifs et faire montre de non professionnalisme dans
leur travail; et cependant s’attendre quand même
à être aimés et pardonnés par
leur employeurs chrétiens. Certains chrétiens
échouent dans le planning correct, l’exécution,
la gestion ou l’évaluation et disent, “Ce
monde n’est pas ma maison, je suis juste de passage."
Jésus nous a cependant appris à prier et à
dire, “Que ta volonté soit faite sur la terre
comme au Ciel.” Nous devons donc faire face à
nos responsabilités sur terre.
Bonne
Gestion des Délégués de Dieu
Je veux croire et espérer qu’aucune de ces
attitudes ne sera trouvée au sein des communautés
ECLOF, que ce soient clients, CNEs ou ECLOF International
à Genève. Si une seule de ces manières
d’être existe, alors j’ai des nouvelles
pour vous. Les affaires commerciales dans le jardin de Dieu
ne sont pas un produit du hasard. Elles ne tolèrent
pas la mauvaise gestion, le manque de productivité
ou les pratiques non professionnelles. Au contraire, toutes
les personnes concernées s’attendent à
de claires règles de référence: ceux
qui donnent de l’argent, ceux qui le reçoivent
et l’utilisent, et ceux qui doivent contrôler
et évaluer les projets.
Notre Dieu est un Dieu d’alliance - un Dieu de contrat.
Si nous faisons fi des termes de référence
et manquons d’honorer le contrat/l’alliance
dans le jardin de Dieu, le jugement viendra et nous le ferons
venir sur nous.
Manquer
à l’exercice d’une bonne gestion et ne
pas générer de bénéfice aura
des conséquences. Ceci est clairement cité
dans la Bible dans la parabole du serviteur indigne. Dans
cette parabole, Jésus nous parle d’un entrepreneur
qui distribue de l’argent à différents
serviteurs avant son départ et s’en revient,
après plusieurs années, pour régler
les comptes. Il viennent tous à lui pour présenter
le bénéfice qu’ils en ont tiré.
La Bible nous dit que le prêteur loua ses ouvriers
en leur disant, “C’est bien, bon et fidèle
serviteur; tu as été fidèle en peu
de choses, Je te confierai beaucoup, entre dans la joie
de ton maître.” Enfin, le serviteur qui avait
enfoui l’argent dans la terre et ne l’avait
pas rendu productif vint et dit, “Je savais que tu
es un homme dur...J’ai eu peur et je suis allé
cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est
à toi.” Voici ce que le maître répondit
à ce serviteur timide et prudent:
"Serviteur méchant et paresseux...il te fallait
donc remettre mon argent aux banquiers et, à mon
retour, j’aurais retiré ce qui est à
moi avec un intérêt...Ôtez-lui donc le
talent et donnez-le à celui qui a les dix talents."
En
résumé, les éthiques commerciales dans
le jardin de Dieu ne tolèrent pas de mauvaise gestion,
une faible productivité et des pratiques non professionnelles.
Autant ECLOF est une organisation chrétienne, qui
cherche à s’assurer de ce que les pauvres et
marginalisés ont accès aux bénédictions
du bon jardin de Dieu, autant ECLOF ne s’attend pas
à moins de la part de ses membres partenaires. Ceux
qui prennent des prêts sont entièrement responsables
de leur remboursement avec intérêt, et dans
le temps convenu, de même que du bénéfice
qu’ils en tirent. Les éthiques commerciales
du jardin de Dieu sous-entendent que ceux qui font un bon
usage de leurs prêts méritent plus de prêts,
car ils ont prouvé qu’ils étaient de
bons représentants. Mais pour ceux qui gèrent
mal, qui sont improductifs ou non professionnels, qui ne
remboursent pas ou qui profitent, les références
commerciales du jardin de Dieu n’acceptent pas de
compromis. Les prêts seront remboursés et aucun
autre prêt ne sera concédé. Il est attendu
de nous que nous soyons tous de bons représentants.
Solidarité
globale
La Hongrie retourne du capital
ECLOF
Hongrie a commencé son existence en 1947 et en 2001
décida de rendre une partie de capital en raison
des performances économiques à la hausse de
son pays. Au cours des 54 ans de son histoire, ECLOF Hongrie
a reçu des fonds transférés de Genève
pour un total de US$178,600.
Tout
cet argent lui fut transféré avant 1988, et
la politique d’ECLOF à l’heure actuelle
est de ne pas transférer de nouveau capital aux Comités
européens ECLOF, à l’exception d’ECLOF
Arménie.
Après
avoir pris conscience des améliorations importantes
dans l’économie hongroise ainsi que de la mise
à disposition de financement pour projets, qui avait
pendant longtemps été fourni par le capital
ECLOF, ECLOF Hongrie prit la décision de réduire
ses activités et d’opérer un retour
de capital de US$54,493 provenant de celui qu’ils
avaient reçu tout au long des années. Le solde
sera remboursé à mesure qu’ils ralentissent
leurs activités.
La
famille globale ECLOF exprime sa gratitude envers ECLOF
Hongrie pour avoir honoré ses engagements administratifs
vis à vis des ressources d’ECLOF, ainsi que
pour la solidarité ainsi montrée envers d’autres
Comités ECLOF, dans d’autres pays où
le besoin en micro crédit se fait fortement ressentir.