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New Horizons, the newsletter of the Ecumenical Church Loan FundHorizons > Décembre 2002

 

Habiter le Jardin de Dieu

Une étude biblique faite par le Dr. Musa Dube, anciennement à l’Université de Botswana, est toujours une occasion mémorable et source d’énergie, telle qu’elle l’avait déjà démontré à l’Atelier Régional Africain à Harare, Zimbabwe l’année dernière. Dans la version présente de son discours, Dr. Dube nous propose une réflexion sur l’histoire d’Adam et Eve dans le Jardin d’Eden.

Nous habitons tous le jardin de Dieu. La terre est sacrée et nous devrions être les dignes représentants de son propriétaire, qui est le Créateur. Il est par conséquent impératif que nous soyons de bons gestionnaires des ressources de Dieu dans le jardin de Dieu.

Jésus est venu nous montrer une manière de vivre acceptable dans le jardin de Dieu. ECLOF est une communauté qui s’est donné comme but de vivre selon et dans le jardin de Dieu en s’efforçant de s’assurer de ce que la dignité de tous, la justice, une juste représentation et l’inclusion des marginalisés soient réalisées dans le jardin de Dieu.

Nous avons tous droit d’accès aux ressources de la terre, car tout a été créé par Dieu et a été donné aux humains afin que ceux-ci en soient les gardiens et les gèrent en tant que tels.

Que signifie tout ce don gratuit? Cela veut-il dire qu’il n’existe aucune règle dans le jardin de Dieu? Cela veut-il dire que nous pouvons nous permettre d’être imprudents et gaspiller et mal gérer ces ressources? Quelles sont les conséquences d’une mauvaise gestion du jardin de Dieu? Nous pourrions diriger ces questions vers les communautés ECLOF: puisqu’ ECLOF veut s’assurer de ce que les pauvres et marginalisés sont inclus et jouissent des richesses du jardin de Dieu, cela veut-il dire que nous pouvons nous octroyer le droit de mal gérer ces fonds au nom des démunis?

Où en êtes-vous?
Dieu nous confie des responsabilités, et Dieu s’attend à ce que nous y soyons fidèles et que nous respections les règles établies. Le fait de manquer à ces données a des conséquences.

Ceci est clairement établi dans l’histoire d’Adam et Eve, les premières personnes à avoir séjourné dans le jardin de Dieu. Ils jouissaient des fruits de tous les arbres, les eaux claires, les ciels bleus, la mélodie des oiseaux dans la vallée, et du parfum de mille fleurs épanouies. Cependant, il y avait des règles de référence. L’une d’entre elles interdisait à Adam et Eve de manger du fruit de l’arbre qui était planté au milieu du jardin.

L’histoire nous dit qu’un jour, un des habitants du jardin de Dieu vint et leur demanda, “Dieu a-t-il réellement dit, 'Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin?' ” (Genèse 3:1). Telle fut la question posée par un résident du jardin bien informé. La femme répondit, “Nous mangeons du fruit des arbres du jardin; Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit, 'Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mourriez'...Alors ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Eternel Dieu, au milieu des arbres du jardin. Mais l’Eternel Dieu appela l’homme, et lui dit, 'Où es-tu?' "

Pour nous, la famille ECLOF, le fruit et l’arbre représentent ce qui ne doit pas être mangé. Ceci pourrait se traduire en termes de prêts que nous recevons et des intérêts que nous remboursons au fonds. Les prêts ne doivent pas être ‘mangés’ mais remboursés de telle manière que le fonds continue à servir l’ensemble d’entre nous. Si nous osons transgresser les termes de référence, je crains que nous ne nous exposions seulement à être des représentants indignes. Nous nous sentirons ‘nus’ et nous cacherons quand Dieu nous appellera en disant, « Où êtes-vous? »

Adam et Eve essaient tous deux d’échapper à la responsabilité de leur acte. Adam blâme Eve, laquelle blâme le serpent.

Quelquefois, lorsque nous œuvrons dans un cadre chrétien, les croyants peuvent casser les règles, ou penser que les règles commerciales ne s’appliquent pas. J’ai fait l’expérience d’une telle situation dans ma propre vie. Il y a dix ans de cela, j’ai décidé d’augmenter mes revenus en vendant des habits et des chapeaux. Pour cette entreprise commerciale, j’allais en Afrique du Sud une fois par mois et commandais à la vente des chapeaux et des habits. Je revendais ces biens aux amis et personnes que je connaissais. Je me suis immédiatement rendue compte que mon église était une bonne affaire puisqu’elle était remplie de gens dignes de confiance. Malheureusement, l’expérience m’a prouvé le contraire. Un seul exemple l’illustrera, encore que je pourrais en citer bien d’autres.

Je venais d’arriver avec une nouvelle boîte de chapeaux lorsqu’un homme de mon église s’approcha et les inspecta. Il me dit, "Je veux celui-ci pour l’anniversaire de ma femme, qui a lieu à la fin du mois. S’il vous plait mettez-le de côté." Ce que je fis. Tôt le matin du jour de l’anniversaire de sa femme, l’homme vint prendre le chapeau. Quand je lui demandai de me régler, il me répondit que sa femme administrait les charges du ménage et qu’elle me paierait. A vrai dire, cet homme était un homme d’église et je le croyais et lui faisais confiance. Lorsque je me rendis auprès de sa femme pour obtenir le règlement, celle-ci me dit ceci, “Comment puis-je payer pour mon propre cadeau? Non. Allez vous adresser à lui.” Et je fus ainsi coincée entre les deux et ne vis jamais la couleur de mon argent.

Mon interprétation des valeurs commerciales négatives, telle que je l’ai comprise au sein des croyants, consiste en ce qu’ils assument certaines valeurs chrétiennes mais les appliquent faussement. A titre d’exemple, quelqu’un pourra dire que ‘puisque Dieu dit que nous devons pardonner plusieurs fois, alors je serai pardonné pour n’avoir pas payé ma dette.’

D’autres membres d’église peuvent s’avérer improductifs et faire montre de non professionnalisme dans leur travail; et cependant s’attendre quand même à être aimés et pardonnés par leur employeurs chrétiens. Certains chrétiens échouent dans le planning correct, l’exécution, la gestion ou l’évaluation et disent, “Ce monde n’est pas ma maison, je suis juste de passage." Jésus nous a cependant appris à prier et à dire, “Que ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel.” Nous devons donc faire face à nos responsabilités sur terre.

Bonne Gestion des Délégués de Dieu
Je veux croire et espérer qu’aucune de ces attitudes ne sera trouvée au sein des communautés ECLOF, que ce soient clients, CNEs ou ECLOF International à Genève. Si une seule de ces manières d’être existe, alors j’ai des nouvelles pour vous. Les affaires commerciales dans le jardin de Dieu ne sont pas un produit du hasard. Elles ne tolèrent pas la mauvaise gestion, le manque de productivité ou les pratiques non professionnelles. Au contraire, toutes les personnes concernées s’attendent à de claires règles de référence: ceux qui donnent de l’argent, ceux qui le reçoivent et l’utilisent, et ceux qui doivent contrôler et évaluer les projets.
Notre Dieu est un Dieu d’alliance - un Dieu de contrat. Si nous faisons fi des termes de référence et manquons d’honorer le contrat/l’alliance dans le jardin de Dieu, le jugement viendra et nous le ferons venir sur nous.

Musa DubeManquer à l’exercice d’une bonne gestion et ne pas générer de bénéfice aura des conséquences. Ceci est clairement cité dans la Bible dans la parabole du serviteur indigne. Dans cette parabole, Jésus nous parle d’un entrepreneur qui distribue de l’argent à différents serviteurs avant son départ et s’en revient, après plusieurs années, pour régler les comptes. Il viennent tous à lui pour présenter le bénéfice qu’ils en ont tiré. La Bible nous dit que le prêteur loua ses ouvriers en leur disant, “C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de choses, Je te confierai beaucoup, entre dans la joie de ton maître.” Enfin, le serviteur qui avait enfoui l’argent dans la terre et ne l’avait pas rendu productif vint et dit, “Je savais que tu es un homme dur...J’ai eu peur et je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, prends ce qui est à toi.” Voici ce que le maître répondit à ce serviteur timide et prudent:
"Serviteur méchant et paresseux...il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt...Ôtez-lui donc le talent et donnez-le à celui qui a les dix talents."

En résumé, les éthiques commerciales dans le jardin de Dieu ne tolèrent pas de mauvaise gestion, une faible productivité et des pratiques non professionnelles. Autant ECLOF est une organisation chrétienne, qui cherche à s’assurer de ce que les pauvres et marginalisés ont accès aux bénédictions du bon jardin de Dieu, autant ECLOF ne s’attend pas à moins de la part de ses membres partenaires. Ceux qui prennent des prêts sont entièrement responsables de leur remboursement avec intérêt, et dans le temps convenu, de même que du bénéfice qu’ils en tirent. Les éthiques commerciales du jardin de Dieu sous-entendent que ceux qui font un bon usage de leurs prêts méritent plus de prêts, car ils ont prouvé qu’ils étaient de bons représentants. Mais pour ceux qui gèrent mal, qui sont improductifs ou non professionnels, qui ne remboursent pas ou qui profitent, les références commerciales du jardin de Dieu n’acceptent pas de compromis. Les prêts seront remboursés et aucun autre prêt ne sera concédé. Il est attendu de nous que nous soyons tous de bons représentants.

Solidarité globale
La Hongrie retourne du capital

ECLOF Hongrie a commencé son existence en 1947 et en 2001 décida de rendre une partie de capital en raison des performances économiques à la hausse de son pays. Au cours des 54 ans de son histoire, ECLOF Hongrie a reçu des fonds transférés de Genève pour un total de US$178,600.

Tout cet argent lui fut transféré avant 1988, et la politique d’ECLOF à l’heure actuelle est de ne pas transférer de nouveau capital aux Comités européens ECLOF, à l’exception d’ECLOF Arménie.

Après avoir pris conscience des améliorations importantes dans l’économie hongroise ainsi que de la mise à disposition de financement pour projets, qui avait pendant longtemps été fourni par le capital ECLOF, ECLOF Hongrie prit la décision de réduire ses activités et d’opérer un retour de capital de US$54,493 provenant de celui qu’ils avaient reçu tout au long des années. Le solde sera remboursé à mesure qu’ils ralentissent leurs activités.

La famille globale ECLOF exprime sa gratitude envers ECLOF Hongrie pour avoir honoré ses engagements administratifs vis à vis des ressources d’ECLOF, ainsi que pour la solidarité ainsi montrée envers d’autres Comités ECLOF, dans d’autres pays où le besoin en micro crédit se fait fortement ressentir.

 
 
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