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Intérêt
des actionnaires et gestion des IMF
par
M. Pilar Ramirez, directrice, Fonds financier privé
(FIE), Bolivie
Le
passage de la microfinance du monde des association à
but non lucratif vers le secteur réglementé,
commercial, à but lucratif pose des défis
aux propriétaires et gestionnaires de nombreuses
institutions de microfinancement (IMF).
Les IMF sans but lucratif sont constituées de trois
parties prenantes :
- une
organisation non gouvernementale constituée de
particuliers partageant des objectifs sociaux similaires
;
- des
clients ;
- des
donateurs.
Pour
leur part, les IMF à but lucratif apprennent aujourdhui
à traiter avec tout un éventail dintéressés
au sein mêmes des institutions des parties aux
intérêts divergents et parfois contradictoires.
Dans le cadre des discussions relatives à ces «
transformations » en institutions officielles et réglementées,
il faut prêter une attention particulière à
ces nouveaux conflits dintérêt entre actionnaires
; des conflits qui savèrent difficiles à
gérer et semblent apporter des changements significatifs
dans cette nouvelle « activité ».
Les nouveaux investisseurs privés sont représentés
aux conseils dadministration ; certains recherchent
le profit à tout prix. Les « investisseurs »
des débuts ont, pour leur part, des motivations plus
sociales, à linstar des dirigeants issus des
ONG. Il est déjà quelques cas où de nouveaux
investisseurs privés motivés par le profit ont
écarté les dirigeants plus axés sur le
social (exemple de BancoSol en Bolivie).
Il y a aussi des cas où la direction na pas encore
été forcée à démissionner,
mais où les actionnaires siégeant au conseil
dadministration réclament des résultats
financiers, sans comprendre ni admettre les raisons expliquant
les décisions de la direction et les résultats
financiers des institutions. En Bolivie, les dirigeants de
quelques IMF envisagent dorganiser des réunions
conjointes de leurs conseils dadministration, ou dinviter
des dirigeants dIMF concurrentes à siéger
lors des réunions de leurs conseils afin dy présenter
une vision commune de la nature et de lobjectif de la
microfinance.
Que nous apprennent ces situations sur notre « activité
» ? Lévolution de la microfinance vers
la recherche dun profit répond-elle à
nos attentes ? Si la maximisation du profit est aujourdhui
le moteur de lactivité des IMF, quelle influence
cela va-t-il avoir sur laccès de nos clients
à nos services ? Ces questions méritent une
attention particulière de la part de tous ceux qui
croient encore que le fait de fournir des services financiers
aux pauvres peut être un outil de développement.
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