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Courrier
des lecteurs
Un
ouvrage consacré à lassurance du bétail
Voici la version imprimée
dune lettre que Carlos Ani (carlos@careiffd.org)
a envoyée par courrier électronique à
plusieurs personnes intéressées par les questions
de microfinance :
Chers
membres de la Coalition,
Au cours du Premier Forum international de discussion sur
la micro-assurance qui vient de se terminer, les débats
ont notamment porté sur les risques encourus par les
pauvres en cas de perte de leurs biens. Ils perdent des biens
mobiliers et immobiliers à la suite dincendies,
de cyclones, dinondations et dépidémies.
Lassurance du bétail constitue une catégorie
dassurance des biens. M. Vijaya Mathema, directeur général
de la Nepals Deposit Insurance and Credit Guarantee
Corporation (DICGC) (Société népalaise
de dépôt dassurance et de garantie de crédit)
vient de publier un ouvrage intitulé Le bétail
et lassurance du bétail au Népal, qui
traite des principes, des travaux et des mécanismes
de ce type dassurance.
Au Népal, de nombreuses banques et IMF accordent des
prêts à des pauvres et des familles à
faibles revenus pour acheter du cheptel, essentiellement du
bétail pour lélevage, lengraissage
et/ou la production laitière. Afin de se prémunir
contre les pertes occasionnées par la mort de leur
bétail, les propriétaires contractent cette
couverture dassurance auprès de la DICGC qui
rembourse la banque/IMF si le cheptel vient à mourir.
Cela libère effectivement le ménage modeste
du fardeau financier que représente le remboursement
dun emprunt.
Louvrage traite également des programmes dassurance
dans dautres pays. Cest un excellent guide pour
les IMF/banques intéressées par ce genre de
produit. Si vous désirez commander un exemplaire de
cet ouvrage, écrivez à M. Vijaya Mathema chez
kunj@col.com.np ou
dicgc@wlink.com.np
Le prix du livre est de USD 15, port compris partout dans
le monde.
Carlos Ani

Chers
rédacteurs dHorizons,
Jécris pour vous remercier de votre bulletin.
Je suis Kenyan et je suis directeur général
de la société Sixty Four Airport Services, au
nouvel aéroport international dEldoret. Jaimerais
vous faire part de mes réflexions et de mes opinions
sur le travail de lECLOF et sur le monde de la microfinance.
Jaimerais par conséquent recevoir régulièrement
votre bulletin Horizons.
Avec mes remerciements et que Dieu vous bénisse.
Samuel K. Sawe
Nairobi, Kenya
Commercialisation de la micro-assurance
Voici une version annotée et abrégée
dune circulaire électronique que Mosleh Uddin
Ahmed (mgitterman@swwb.org)
a envoyé à une « conférence virtuelle
sur la micr-assurance ».
En tant que compagnie dassurances sur la vie, Delta
Life doit vendre son produit de micro-assurance en faisant
pratiquement du porte à porte car, contrairement aux
ONG/IMF, elle ne dispose pas dune base constituée
par un groupe de membres. Un personnel important de quelque
20 000 employés itinérants à temps partiel
travaille pour près de 1600 bureaux.
Lexpérience de Delta montre que les pauvres hésitent
à contracter une assurance, et ce pour plusieurs raisons.
Lune delles est le manque de confiance. En contractant
une assurance, il faut tout dabord débourser
de largent avant de pouvoir profiter des avantages.
Les gens ne sont pas sûrs que la compagnie dassurance
sacquittera de ses obligations.
Parfois aussi, ils ignorent lexistence des produits
dassurance ou sils peuvent se les permettre.
Dautres encore désapprouvent les assurances pour
des motifs religieux : Dieu soccupe de tout, il faut
lui faire confiance. Certains musulmans croient que leur religion
leur interdit de contracter une assurance vie.
Delta traite ces préoccupations en recrutant, au niveau
local, du personnel qui sefforce de convaincre les chefs
de villages de contracter une assurance de sorte quils
puissent servir dexemples à des assurés
potentiels du village. Le versement de dommages et intérêts
par lassurance fait lobjet dune publication
au niveau local. La prospection de la clientèle et
les réunions sur les places de marché permettent
de mobiliser lintérêt. Si les gens sont
préoccupés par la question des assurances, nous
leur conseillons den parler avec leurs chefs religieux
et de ne souscrire à une police que sils sont
convaincus de son utilité.
Mosleh Uddin Ahmed
Delta Life, compagnie dassurances
sur la vie, Bangladesh
Dautres
informations sur les assurances
Ramesh Arunachalam (r_arunachalam@hotmail.com)
a envoyé un message électronique portant sur
les assurances à de nombreuses personnes intéressées
par la microfinance. Notre présidente de lECLOF-Cameroun
lui a répondu.
Chers collègues,
Laspect le plus fondamental de la viabilité dun
programme de micro-assurance réside dans sa capacité
à verser des prestations le moment venu.
Cela ma toujours effrayé car je pense que de
nombreuses IMF ne sont tout simplement pas en mesure, financièrement
parlant, dassurer leurs prestations auprès de
tous leurs clients en cas de besoin. Cest une chose
de dire : « Non, nous avons étudié les
risques et nous nous sommes efforcés de les réduire,
etc. », mais cest une autre que de lever les bras
au ciel pour dire : « Désolés, nous ne
pouvons tout simplement pas effectuer les versements dus à
tous les clients car nos moyens financiers ne nous le permettent
pas ».
Le problème est le suivant : en cas de besoin, le programme
de micro-assurance doit être en mesure dassurer
des prestations à tous les clients, comme le prévoit
le contrat (formel/informel ou explicite/implicite). Le fait
de ne pas pouvoir payer (quelles que soient les circonstances)
revient à ne pas lhonorer (ces exemples portent
atteinte à la crédibilité du prestataire
de service et à tout le secteur).
Jétaierai mon propos par deux exemples :
- Un
très vaste projet délevage de crevettes
financé par plusieurs donateurs a été
lancé en Inde il y a quelques années. Le
plan dassurance interne sest tout simplement
effondré car lorsquil a fallu verser les
prestations à plus de clients que prévu,
les responsables du projet se sont contentés de
dire : « Nous sommes désolés, mais
il ny a pas dargent ». Dans cette région,
les gens hésitent encore énormément
à contracter une assurance.
- Une
petite ONG/IMF du nord de lInde collectait de largent
chaque semaine auprès de clients afin de constituer
un fonds de remboursement des dettes qui devait servir
à régler les emprunts en cours en cas de
décès et également les frais des
funérailles. Tout allait à merveille jusquà
ce que tout un groupe de villages ne soit exterminé
lors daffrontements entre castes. LIMF sest
alors rendu compte avec horreur quelle ne pouvait
pas dédommager tous ses clients.
Les
IMF doivent-elles proposer des plans dassurance quelles
ne sont pas sûres de pouvoir assumer financièrement
? Serait-il préférable dagir comme intermédiaires
et doffrir à leurs clients des services dassurance
en confiant cette tâche spécifique à des
compagnies spécialisées (privées ou gouvernementales)
capables de traiter tous les aspects (y compris financiers)
de manière professionnelle ?
Si lon considère à la fois la diversification
des risques et la capacité financière, la deuxième
option semble préférable.
En Inde, des petits programmes, et même des grands (comme
le projet délevage de crevettes) ont échoué
dans de nombreux endroits. Y retrouver des clients prêts
à souscrire à nouveau à des plans dassurance
est une véritable la gageure.
Je serais heureux de connaître votre opinion, de recevoir
vos commentaires et que vous nous fassiez part de vos expériences
dans ce domaine.
Ramesh Arunachalam
Réponse dAlice Kengne Youmbi, présidente
de lECLOF-Cameroun
Cher Ramesh,
Jai étudié les assurances à luniversité,
et à lECLOF-Cameroun nous sommes en train de
discuter des avantages et des inconvénients dun
fonds de gestion des risques pour savoir si nous allons ou
non en créer un. Pour éviter de se retrouver
dans la situation désagréable du projet délevage
de crevettes ou des petites ONG/IMF du nord de lInde,
je proposerai deux solutions.
La principale difficulté de ces deux projets réside
dans le fait que leurs responsables ont dû régler
les problèmes par eux-mêmes lorsquils se
sont rendu compte que les risques étaient plus importants
que prévus.
La question fondamentale est de savoir comment se préparer
à de telles éventualités pour ne pas
se faire surprendre. Dès lors, quelles solutions concrètes
mettre en uvre pour quun organisme de micro-assurance
ne soit pas seul face au problème? Quelles mesures
dexception proposer pour résoudre des problèmes
extraordinaires et imprévus ?
Pour votre premier exemple, la réponse est la réassurance
horizontale et pour le deuxième, la réassurance
verticale.
Réassurance
horizontale
Cela signifie que tous les micro-assureurs au sein dun
réseau de CNE, ou dun plus vaste réseau
se réassurent les uns les autres. Ils peuvent ainsi
prendre des risques qui pourraient savérer plus
importants que ceux quun micro-assureur peut assumer
seul. Une possibilité serait de créer un fonds
de réassurance dans lequel chaque micro-assureur dun
réseau verserait un petit pourcentage de ce quil
reçoit de ses clients. Ce fonds couvrirait ainsi une
grande partie du montant total à rembourser en cas
déventuels, mais néanmoins possibles,
gros risques. Ainsi, risques et difficultés sont partagés
et les micro-assureurs ne sont pas obligés de résoudre
seuls des problèmes importants.
Réassurance verticale
En continuant de partir du principe que « deux valent
mieux quun », chaque micro-assureur réassure
ses propres risques auprès dune compagnie dassurances
plus importante, professionnelle et stable, en versant une
part des primes reçues à cette assurance de
deuxième rang qui lui offre une couverture si des problèmes
plus graves se présentent.
Ce deuxième rang dassurance peut également
être réassuré auprès dun
troisième rang, et ainsi de suite. Lobjectif
étant que personne ne se retrouve seul face à
des événements imprévisibles.
Bien évidemment, la solution la meilleure consisterait
à combiner assurance horizontale et assurance verticale.
Alice K. Youmbi
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