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Rencontre
avec les grands argentiers
La
réunion récente de deux institutions financières
internationales a été loccasion pour la
société civile de dénoncer la montée
de la pauvreté, de linégalité et
du chômage et laggravation de la destruction de
lenvironnement à léchelle de la
planète.
Près de 350 ONG se sont rassemblées à
Prague, en septembre dernier, pour organiser des manifestations
en marge de la réunion annuelle de la Banque mondiale
et du Fonds monétaire international (FMI) qui se tenait
dans la capitale tchèque.
La Tchécoslovaquie participa à la création
de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international
et compta parmi les membres de ces institutions jusquen
1951, où, devenue socialiste, elle sen retira.
Des ONG très diverses se sont rendues à Prague,
notamment The Bankwatch Network, Friends of the Earth International,
Initiative Against Economic Globalization, Jubilee 2000CZ,
Jubilee 2000 Coalition et la Conférence chrétienne
pour la paix.
Vaclav Havel réunit les deux camps
Le président de la République tchèque,
M. Vaclav Havel, était lhôte dune
rencontre au château de Prague entre les différents
groupes de la société civile, les représentants
des organisations intergouvernementales et les hauts responsables
des institutions de Bretton Woods.
Au cours de cette rencontre, les représentants des
ONG ont accusé le Fonds monétaire international
et la Banque mondiale de mettre en uvre des politiques,
des actions et des projets qui aggravent la pauvreté,
linégalité et la destruction de lenvironnement.
Les représentants de la Banque mondiale et du FMI ont
répondu quils travaillaient à réduire
la pauvreté en favorisant la croissance grâce
aux programmes dajustement structurel.
Lassistance a posé de nombreuses questions aux
experts concernant le processus de démocratisation
des institutions financières internationales, et suggéré
quil était nécessaire dexaminer
les moyens et les méthodes mis en uvre par ces
institutions pour résoudre les problèmes économiques
mondiaux.
Cette rencontre na pas débouché sur un
véritable dialogue, a estimé le président
Havel, cétait un échange de points de
vue préparés à lavance. Certaines
ONG ont mis en doute lutilité de telles rencontres
et affirmé que les institutions financières
ne prenaient pas la société civile au sérieux.
Dautres, au contraire, ont estimé quelle
leur avait permis de mettre en question les institutions.
Pour beaucoup dONG, la déréglementation
des marchés ne suffira pas à elle seule à
résoudre les problèmes économiques de
la planète, à supposer même que la pauvreté
puisse reculer sous leffet de la libéralisation
des marchés et de la croissance économique.
La
Conférence chrétienne pour la paix
La Conférence chrétienne pour la paix, qui
était également présente à Prague,
a organisé un colloque pour débattre des structures
et des orientations de la finance mondiale, et analyser la
transformation qui sopère en Europe de lEst
en le comparant à des processus similaires à
luvre dans les pays du Sud.
Des membres du personnel du Conseil cuménique
des Eglises (COE) ont pris part au colloque, et avancé
un certain nombre de solutions de rechange à la mondialisation
économique. Lors dune célébration
liturgique organisée par Jubilé 2000, le pasteur
Sam Kobia du COE, et également vice-président
du Conseil de fondation de lECLOF, a affirmé
que la mondialisation de léconomie nétait
rien dautre quun « apartheid à léchelon
mondial ». Il a cité le propre rapport annuel
de la Banque mondiale qui venait dêtre publié
à Prague et qui montrait que lécart entre
pays riches et pays pauvres avait décuplé en
30 ans et que le monde comptait aujourdhui 100 millions
de personnes de plus vivant dans la pauvreté quil
y a 10 ans.
Le message a-t-il passé ?
Les observateurs des ONG à Prague ont déclaré
que la discussion au château avait suscité une
nouvelle manière denvisager les problèmes,
et estimé que les responsables des milieux financiers
avaient écouté et pris bonne note des remarques
formulées. Pendant cette rencontre, le président
de la Banque mondiale a demandé aux représentants
des ONG de ne pas considérer son organisation comme
étant lincarnation du mal ; ses collaborateurs
et lui-même pensent quils font le bien et partagent
le désir des manifestants de combattre la pauvreté.
Le rôle des Eglises
Les Eglises nétaient pas très visibles
à Prague, à lexception dune déclaration
des représentants des Eglises chrétiennes de
la République tchèque. Les groupes de la société
civile ont exprimé leur souci de voir les Eglises prendre
désormais une part beaucoup plus active à la
lutte contre les structures de linjustice.
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