Message
du directeur
Le
présent numéro porte essentiellement sur les
questions soulevées pendant latelier régional
« Amérique latine et Caraïbes »
tenu à Lima en décembre dernier. Larticle
principal rend compte de lexposé de Mme Susana
Pinilla, directrice exécutive de lInstituto
para el Desarollo de la Micro y Pequeña Empresa (IDESI
- Institut pour le développement des micro-enterprises
et des petites entreprises), des tendances qui se dessinent
actuellement dans le monde de la microfinance en Amérique
latine, et en particulier au Pérou.
Mme Pinilla a soulevé des questions qui sont dactualité
dans dautres régions du monde aussi, à
savoir :
- La
concurrence accrue à laquelle les microentrepreneurs
doivent faire face de la part des produits dimportation
bon marché.
- Le
fait que la population active, dans sa majorité,
travaille dans des micro-enterprises.
- Une
plus grande participation des femmes et des jeunes adultes.
- Les
nouvelles possibilités qui soffrent aux
micro-enterprises du fait de la fermeture dentreprises
grandes et moyennes.
En
conclusion, Mme Pinilla a déclaré que, dans
un monde en constante mutation, les établissements
de microfinancement (EMF) doivent élaborer des produits
et des méthodes permettant de sadapter aux
changements.
Cest aussi lune des conclusions de notre propre
rapport dévaluation qui a été
publié récemment : The Impact and Management
of Fair Credit : An examination of the operation of the
Ecumenical Church Loan Fund Programmes. Le rapport souligne
limportance de procéder dune manière
opportune et systématique si lECLOF veut continuer
de compter pour les gens quelle sert. Cela sapplique
dautant plus aux programmes qui opèrent dans
des climats financiers et politiques explosifs.
A
cet égard, les participants ont entendu des exposés
sur la situation en Colombie, en Equateur et au Pérou
(voir Quand tout ne tourne pas rond). Nous avons
aussi parlé du débat en cours sur lassurance
et les micro-enterprises. Il y a beaucoup dautres
cas, en Afrique notamment, où les problèmes
sont décuplés par le fléau du VIH/SIDA.
La leçon que lon peut tirer de la situation
dans ces pays, cest que les organisations de microfinancement
les plus efficaces sont celles qui connaissent intimement
le contexte dans lequel elles opèrent, qui possèdent
des produits axés sur le développement et
de nouveaux outils de gestion du risque, et qui peuvent
adapter leurs programmes très vite. Dautres,
parfois dans des contextes plus stables, sont tentés
dinvoquer des facteurs « extérieurs »
pour excuser leur inefficacité et renâclent
à envisager la fermeture de leurs programmes.
Dans
son exposé, Mme Pinilla a évoqué la
formalisation des activités de crédit par
la création dinstitutions financières
réglementées et leffet dune telle
mesure sur les groupes cibles.
Mme Pilar Ramirez, directrice du Fonds financier privé
(FIE), approfondit cette question dans son article Intérêt
des actionnaires et gestion des IMF. Mme Ramirez qui
termine sur cette question : « Si la maximisation
du profit est aujourdhui le moteur de lactivité
des IMF, quelle influence cela va-t-il avoir sur laccès
de nos clients à nos services ?
Dans
son article Partageons nos talents !, la présidente
de lECLOF-Cameroun, Mme Alice Kengne Youmbi, aborde
la question de lappropriation dun programme
par ses bénéficiaires et de la gestion ; elle
évoque aussi le rôle des membres du comité
national de lECLOF. Cette réflexion issue dun
nouveau comité nous apporte un regard neuf et nous
donne à penser à tous.
Dans
larticle Vive la participation !, nous apprenons
ce que cest de compter des représentants des
clients parmi les membres des comités nationaux.
Le directeur de lECLOF-Zimbabwe qui est le premier
à appliquer cette mesure, et lun des représentants
des clients nous content leur expérience. LECLOF-Zimbabwe
a modifié ses statuts conformément aux lignes
directrices mondiales de lECLOF qui demandaient que
soient élaborés « les structures et
les processus aptes à permettre aux représentants
des clients pauvres et exclus de lECLOF de participer
à leurs prises de décisions dans la dignité
et en exerçant une influence réelle. »
Commentant cette directive, le récent rapport dévaluation
déclare ceci :
«
Une innovation intéressante et qui peut se révéler
très précieuse dans certains pays est la décision
de faire siéger des représentants directs
du groupe des clients dans les comités nationaux
de lECLOF. Lexpérience faite dans beaucoup
de pays et beaucoup dorganisations (et aujourdhui
à lECLOF) a montré que le fait dencourager
les clients à sapproprier la structure en les
y associant contribuait beaucoup à la pertinence
du projet et en fin de compte aussi à sa pérennité
».
LECLOF-Zimbabwe et quelques autres CNE ont montré
lexemple. Lannée 2001 devrait être
celle où toutes les CNE prendront des dispositions
pour que les clients deviennent membres et quils élisent
leurs propres représentants.
Que la grâce et la paix soient avec tous nos lecteurs.
Ecrivez-nous nombreux !
Muhungi Kanyoro