| |
Vive
la participation !
John
Banda, directeur de lECLOF-Zimbabwe
Dans
le monde de la microfinance, il y a trois groupes dintérêt.
Tout dabord, il y a les clients, cest-à-dire
les personnes qui vont demander et recevoir des prêts.
Ensuite, il y a lagence de prêt elle-même
- dans notre cas, cest lECLOF-Zimbabwe (ZECLOF).
Enfin, le troisième groupe nest, lui, constitué
ni de prêteurs, ni demprunteurs, mais de personnes
qui ont une influence certaine sur les deux premiers groupes.
Chacun de ces groupes a ses intérêts propres.
Les clients veulent prospérer, le ZECLOF souhaite quils
prospèrent, tout comme le souhaitent aussi les donateurs,
les banques et les gouvernements qui font partie du troisième
groupe dintéressés.
LECLOF et ses clients dépendent les uns des autres
pour atteindre leur objectif commun. Il est donc logique quils
soient dans le même camp. Cest pourquoi il y a
deux ans, le ZECLOF a modifié sa constitution pour
permettre à deux clients un homme et une femme
de se joindre à notre conseil dadministration
de 20 membres.
Pour développer encore les relations de nos clients
avec le ZECLOF, chaque zone dhabitation a un représentant
qui coordonne les réunions locales du comité
national et à qui les clients de la zone peuvent sadresser.
Bien évidemment, les clients membres du conseil dadministration
jouissent des mêmes droits et privilèges que
les autres membres. Par ailleurs, ils ont été
élus pour siéger dans les sous-comités
traitant du financement et des projets. La nomination de clients
au conseil dadministration a permis de contrôler
plus facilement la qualité des prestations fournies
par le ZECLOF.
Maintenant que les clients prennent une part active à
la gestion du ZECLOF, nous pensons quil nous sera plus
facile de mettre sur pied un programme d'épargne. En
effet, les clients seront bien plus enclins à confier
leur argent durement gagné à un groupe dont
ils partagent la prise des décisions.
Oscar
Chi demo
est lun des clients membres du conseil dadministration
du ZECLOF.
Je
fais partie dun groupe de solidarité de 5 membres.
Nous habitons et travaillons à Chitungwiza, une ville
de 600 000 habitants. Chitungwiza était à lorigine
une cité-dortoir construite pour les personnes travaillant
à Harare, la capitale. A présent, il y a des
commerces en ville. Le principal employeur était Cone
Textiles. La société employait 3000 personnes,
mais elle a été placée en liquidation
en 1994 suite à lintroduction dun programme
dajustement structurel qui libéralisait léconomie
en supprimant les obstacles à limportation. Les
vêtements doccasion sont alors arrivés
sur le marché, entraînant une forte réduction
de la demande pour les vêtements neufs.
A
lépoque, je travaillais pour Johnson & Fletcher,
un distributeur de matériaux de construction. Je gagnais
un salaire mensuel qui me permettait à peine de joindre
les deux bouts. Jai décidé douvrir
un petit atelier de cordonnier qui est devenu florissant.
A une époque, javais trois employés. Après
quelques années, javais économisé
assez dargent pour me lancer dans une entreprise plus
importante. En 1996, dans la véranda de ma modeste
demeure, jai ouvert un salon de coiffure qui existe
encore aujourdhui. Au début, nous noffrions
que des services limités car nous manquions de matériel.
Jai entendu parler de ZECLOF par des amis qui avaient
rencontré une de ses employées. Nous avons alors
formé un groupe. Nous avons reçu notre premier
prêt de lECLOF en 1998. Ma part sélevait
à ZWD 3000 (USD 167), ce qui était une forte
somme à lépoque. Cet argent ma permis
dacheter un sèche-cheveux. Un deuxième
prêt a suivi, six mois plus tard, et jai pu acheter
des produits pour élargir la palette de services proposés
à nos clients. Notre groupe a pu rembourser la totalité
de ses emprunts. Grâce au ZECLOF, mon entreprise emploie
maintenant six personnes, dont mon épouse et moi-même.
Les clients ZECLOF de ma zone mont élu représentant.
En avril 1999, jai participé à lassemblée
générale annuelle du ZECLOF où jai
été élu représentant au conseil
dadministration, en compagnie de Mme Judith Kwenda.
Mon
expérience au sein du conseil dadministration
Au sein du conseil dadministration, jai pu
échanger mes idées librement avec dautres.
Mais, ce qui compte le plus pour moi, cest que nous
soyons en train de consolider la position du ZECLOF. En effet,
le conseil dadministration voit maintenant les choses
du point de vue du financier et aussi du point de vue du client.
En faisant entrer des clients au conseil dadministration,
le ZECLOF applique ce que jappelle la prise de décision
participative car le client et la meilleure manière
de le servir sont devenus leur priorité. En tant que
représentants des clients, nous nous rendons dans les
différentes régions du pays en compagnie du
personnel du ZECLOF pour rencontrer nos collègues.
Nous écoutons leurs problèmes ou nous les informons
des problèmes évoqués lors des séances
du conseil dadministration. Certaines situations qui
auraient pu devenir périlleuses sont ainsi sauvées.
En outre, dans la mesure du possible, les responsables du
ZECLOF demandent à un client membre de conseil dadministration
de les accompagner lors de missions délicates dencaissement
des remboursements. Ainsi, les affaires se sont développées
et la transparence a pu saméliorer.
En ce qui me concerne, jai aussi tiré un grand
profit des ateliers auxquels jai participé en
tant que membre de conseil dadministration. Il y a eu,
en particulier, un atelier sur la bonne gestion des affaires
qui ma réellement ouvert les yeux. Je me réjouis
dexercer la fonction de membre de conseil dadministration
jusquà léchéance de mon mandat
en 2003.
Je conseille vivement aux pays qui nont pas encore accepté
de clients au sein de leur conseil dadministration de
suivre lexemple du Zimbabwe. Cela prouverait que la
famille ECLOF prend ses clients au sérieux dans le
monde entier.
|