Atelier
en Arménie : une discussion franche
Après
la reconnaissance, la réorganisation ou la formation
dun comité national de lECLOF (CNE),
on organise un atelier pour aider le conseil dadministration
et le personnel du nouveau CNE et son personnel à
se familiariser avec les politiques et les directives de
lECLOF ainsi quavec les principes qui gouvernent
la microfinance. Cest un moment dapprentissage
très intensif pour les participants, comme la
montré latelier tenu récemment en Arménie.
Reconnue en novembre 1998, lECLOF-Arménie a
commencé ses opérations au milieu de 1999.
Latelier national a eu lieu du 29 mai au 2 juin 2000
à la Maison des écrivains de Tsaghkadzor en
Arménie, en présence des membres du conseil
dadministration et du personnel de lECLOF-Arménie,
dONG arméniennes, de clients, dagences
partenaires, de spécialistes dautres CNE et
de membres du personnel de lECLOF-Genève.
La
réalité
Grâce aux voyages détude, les participants
ont pu visiter une bonne partie du pays et se rendre compte
des conditions socio-économiques qui y règnent.
Comme les lecteurs lont appris dans le dernier numéro
dHORIZONS, si linfrastructure est plutôt
bonne pour un pays à faible revenu, les gens vivent
avec de très bas salaires et dépendent beaucoup
des versements de leurs parents installés à
létranger.
Lorsque
lECLOF-Arménie a commencé son travail,
on se demandait quelle serait la clientèle susceptible
dêtre intéressée par les produits
de microfinance. La population est instruite et elle est
logée. Il y a néanmoins une très grande
pauvreté. Les logements datent de lépoque
soviétique et le revenu mensuel moyen se situe aux
alentours de 25 USD. LECLOF-Arménie travaille
dans les zones rurales, surtout avec les paysans.
Les participants à latelier ont rencontré
des agriculteurs qui leur ont expliqué combien les
prêts de lECLOF avaient contribué à
améliorer leurs conditions de vie. Ils ont dit que
les banques nacceptaient comme garantie que les logements
dans la capitale, Erevan, et les voitures étrangères
neuves. LECLOF, elle, prend les maisons à la
campagne plus anciennes et la terre.
En raison du délabrement de léconomie,
le marché arménien ne parvient pas à
absorber toute loffre de produits. Dans le secteur
agricole, où les licenciements ont été
massifs et qui connaît le phénomène
du retour à la terre depuis lépoque
soviétique, le problème est particulièrement
aigu. Il est difficile de vendre les produits à un
bon prix, ont déclaré les agriculteurs, qui
ont recours à des intermédiaires dont ils
touchent très peu. Exporter vers la Géorgie
voisine est prohibitif en raison des droits de douane, et
à cause des embargos, il est impossible de trouver
des marchés en Azerbaïdjan et en Turquie ou
par leur biais.
Réflexions
bibliques
Pendant latelier, les célébrations
du matin étaient véritablement cuméniques.
Le premier jour, larchevêque Datev Sarkissian,
président de lECLOF-Arménie, a fait
porter sa réflexion sur le Notre Père, soulignant
que le thème principal du Christ était le
monde. Jésus présente le monde comme appartenant
à la fois à Dieu et aux êtres humains.
Nous sommes responsables de son développement et
de son évolution. Dieu nous donné la possibilité
de faire des choix et nous devons faire les bons choix afin
de nous entraider en temps de peine. Ce nest quen
nous entraidant que nous pouvons nous sanctifions en ce
monde.
Le deuxième jour, M. Harout Nercessian de lEglise
évangélique arménienne, a fait observer
que les hypocrites veillent toujours à se faire remarquer
lorsquils donnent quelque chose pour que les gens
voient comme ils sont bons. Nous, en revanche, nous devons
faire le bien, non pour avoir lair bons, mais au nom
dune vertu cachée, intérieure.
Le troisième jour, le père Michael Mouradian
de lEglise catholique arménienne a mené
sa réflexion sur la parabole du bon Samaritain. Le
père Michael a souligné que le Samaritain
ne se contente pas de soccuper du voyageur blessé
sur le bord de la route, il le conduit dans une auberge,
lui offrant une aide plus durable. Aujourdhui, les
clients de lECLOF ont eux aussi besoin dune
aide durable plutôt que de solutions de court terme.
Faiblesses
Pendant une séance, Rshtoun Martirossyan, chef
du Département des petites et moyennes entreprises
au sein du Ministère de lindustrie et du commerce
a parlé des défis économiques et du
rôle de la microfinance pour des pays à économie
dite de transition. Il a toutefois indiqué que sils
remportaient de nombreux succès, les projets de microfinance
en Arménie présentaient aussi certaines faiblesses.
Les corriger aiderait à rendre les projets plus efficaces.
Voici les problèmes quil a relevés :
- Plus
de la moitié des prêts ont été
octroyés au secteur du commerce.
- Quelle
que soit lactivité à financer, les
taux dintérêts sont les mêmes.
- Selon
les données existantes, il semblerait que les
emprunteurs utilisent les prêts immédiatement,
en tout ou en partie, pour satisfaire leurs besoins
personnels, et bien quils remboursent les prêts
à temps, on ne peut pas parler de création
de véritables affaires. Les emprunteurs sollicitent
un autre prêt et lobtiennent, surtout parce
quils ont remboursé le premier à
temps.
- Le
mécanisme qui doit coordonner la coopération
entre les organisations exécutantes et les organismes
publics chargés du développement des petites
entreprises nest toujours pas en place.
Khachatur
Kazazyan de lOrganisation internationale pour les
migrations (OIM) a parlé en faveur dune législation
de la microfinance. A titre dexemple, il a signalé
que dans certaines affaires, une taxe fixe est perçue
indépendamment du revenu. Cela peut être préjudiciable
à ceux qui possèdent des micro-entreprises.
Investissements
Le directeur du Centre dexperts VISTAA, Artak Harutyunyan
a indiqué quen Arménie, le problème
le plus grave était le manque dinvestissements
dans le secteur agricole. Les crédits mis à
la disposition du secteur rural sont bien en dessous de
la capacité estimée dendettement de
ce secteur. En outre, il reste encore de nombreux obstacles
à surmonter, en voici quelques-uns
- Fortes
exigences en matière de garanties. Dans les campagnes,
on naccepte pas les biens immobiliers ni la terre
comme collatéral. Il arrive même que les
machines agricoles prises en garantie doivent être
placées en entrepôt !
- Prêts
à court terme. Lagriculture a besoin de
prêts de trois à cinq ans. En Arménie,
léchéance maximum dun prêt
est de trois ans, et généralement, elle
ne dépasse pas douze mois.
- Pas
de système dassurance agricole
- Pas
de structure de diffusion de linformation. Beaucoup
dentrepreneurs, surtout dans les campagnes, ignorent
tout des programmes gouvernementaux de développement
existants, et certains de ces programmes ne sont mis
en uvre que dans certaines régions.
- Programme
de prêts inadaptés aux besoins du secteur
agricole. Par exemple, il existe des programmes agricoles
saisonniers qui exigent que le remboursement débute
dès le premier mois, bien avant que lagriculteur
ait pu produire la moindre récolte.
- Exigences
sévères en matière de planification.
La plupart des demandeurs de prêts produisent
un plan pour faire plaisir au prêteur mais nen
voient plus lutilité ensuite.
Pour
M. Hartyunyan, le crédit-bail pourrait constituer
une solution à ces problèmes.
Rod Snider, technicien auprès dAregak, programme
de microfinance, a brossé un tableau des activités
de microfinance en Arménie. Les revenus des agriculteurs
sont extrêmement faibles en raison de la disparition
des revenus non agricoles et de la disparition des possibilités
de profit dans la production agricole. Le problème
du sous-emploi est encore plus grave : la grande majorité
des personnes officiellement employées gagne entre
5 et 20 USD par mois.
Ben Steinberg, directeur de FINCA Arménie, a parlé
du climat juridique et législatif dans lequel les
institutions de microfinancement (IMF) évoluent en
Arménie. Pour les organisations étrangères
présentes dans le pays, cest certainement un
obstacle.
M. Steinberg a expliqué quun nouveau code civil
était entré en vigueur en février 1999.
Sil est complet, il ne traite que des questions civiles
de base. Ses auteurs nont pas prévu lexistence
dorganisations comme les IMF qui sont certes dotées
dune mission sociale mais qui génèrent
aussi des revenus au travers des intérêts perçus.
Tant quelles nacceptent pas en dépôt
dargent public, les IMF ne sont pas soumises à
la législation sur les banques ni aux strictes exigences
auxquelles ces dernières sont soumises, a-t-il indiqué.
Il faut modifier la législation pour formaliser les
accords officieux qui régissent actuellement le statut
et le fonctionnement des IMF en Arménie.
Les
femmes et la microfinance
Gagik Vardanyan, directeur exécutif de MDF Kamurj,
coentreprise de Save the Children et des Catholic Relief
Services en Arménie, a fait part des conclusions
dune enquête sur les besoins du pays en matière
de microfinance et sur le marché quelle représente.
Le revenu que les femmes dégagent de leurs micro-entreprises
forme souvent lessentiel du revenu global de la famille,
a-t-il déclaré. Dans la plupart des cas, le
revenu mensuel moyen de la famille dépasse à
peine ce que les femmes tirent de leurs micro-affaires.
Il semble aussi que les femmes sadaptent mieux que
les hommes aux réalités de léconomie
de transition. Beaucoup dhommes nourrissent encore
lespoir de voir retravailler à plein régime
les anciennes usines soviétiques. Dans beaucoup de
familles, les femmes génèrent maintenant des
revenus et en sont même la principale source, y compris
dans les familles où des hommes travaillent.
Dans les micro-entreprises, le taux déchec
est plus élevé chez les femmes que chez les
hommes. Sans doute parce quelles doivent encore se
partager entre leur entreprise et leurs tâches domestiques.
Tradition
Sur ce sujet, Tsovinar Ghazarayan, membre du conseil dadministration
de lECLOF-Arménie, a expliqué aux participants
que, dans la tradition arménienne, le rôle
des femmes était de soccuper de la famille.
Elles devaient sacrifier leur vie professionnelle à
la famille et aux enfants. Or, pendant la période
de transition qui a suivi lère soviétique,
elles sont devenues plus actives sur le plan économique.
Elles ont été les premières à
accepter les emplois les plus mal rémunérés,
comme femme de ménage et vendeuse de rue, pour faire
vivre leurs familles. La notion de « gardienne de
la famille » est devenue indissociable de lidentité
« féminine » des femmes arméniennes.
Il en est résulté un subtil changement dans
les rôles sociaux. Les femmes ont eu la possibilité
de créer leurs propres affaires et de sy impliquer
davantage. Les programmes de microfinancement peuvent favoriser
cette évolution. Mais les rôles sociaux traditionnels
continuent dêtre la norme en Arménie,
cest pourquoi beaucoup de femmes et dhommes
continuent de considérer que nourrir la famille est
le rôle de lhomme. Une très grande majorité
des femmes arméniennes préféreraient
pourtant que leurs maris gagnent moins mais restent à
leurs côtés plutôt que de partir chercher
du travail à létranger.
Pour Mme Ghazarayan, les programmes de microfinance pourraient
avoir un impact positif. Ils aideraient les femmes à
poursuivre leurs objectifs et les hommes à assumer
leur rôle. La société y gagnerait en
stabilité et la famille en unité.
Mme Anahit Simonian, autre membre du conseil dadministration
de lECLOF-Arménie, a rendu compte dun
document sur lanalyse par sexe du marché de
lemploi en Arménie. Elle a souligné
quil fallait tenir compte des conditions de chômage
et de pauvreté et de la situation économique
générale lorsquon élaborait des
stratégies comprenant des produits de microfinance
destinés aux femmes.
Apport
des CNE
José Luis Pereira Ossio, directeur exécutif
de lECLOF-Bolivie, a parlé de lexpérience
de son organisation, examinant les priorités et les
stratégies à mettre en uvre pour élaborer
un programme de microfinance rural efficace. Il est nécessaire
de se doter de systèmes de planification, de suivi
et dévaluation des objectifs institutionnels
simples pour que le microfinancement puisse se développer.
Ces systèmes ne doivent pas reposer seulement sur
des paramètres financiers mais tenir compte aussi
des indicateurs économiques et sociaux.
John Ssemakalu, membre du conseil dadministration
de lECLOF-Ouganda, a parlé des stratégies
permettant de mettre sur pied un programme de prêt
durable. Pour lui, un programme durable est un programme
qui sert les gens aujourdhui, demain et qui continue
de les servir même après quil a cessé
dexister. Ce qualificatif de « durable »
doit sappliquer et se vérifier à trois
niveaux : linstitution, le programme, et, plus important,
le client.
Au niveau de linstitution, il faut absolument veiller
à ce que lorganisation, en tant quunité,
possède les ressources financières et humaines
lui permettant de continuer son travail une fois que le
donateur interrompt son aide.
En ce qui concerne le programme, il faut veiller à
ce que la direction soit dotée des compétences,
du dévouement et de lengagement adéquats.
Les programmes dont le service comptable fournit à
temps des informations correctes et précises permettent
à la direction de prendre des décisions réfléchies
et sages qui profitent à tous.
Pour ce qui est du client, il faut que son affaire continue
de prospérer une fois lemprunt remboursé.
Ce serait en effet un échec pour linstitution
de crédit de voir son client dans une situation moins
enviable après son intervention. Là où
lon sadresse aux pauvres et où lobjectif
est leur développement et leur bien-être économique,
les crédits doivent être centrés sur
les gens.
Le microcrédit se veut un outil au service de lautonomie
des pauvres qui travaillent. Si leurs stratégies
ne sont pas inscrites dans la durée, les institutions
de crédit manqueront cet objectif, et failliront
à leur raison dêtre.
LECLOF-Arménie
M. Hayk Minassyan a présenté, au nom du
conseil dadministration de lECLOF-Arménie
dont il est membre, un document exposant les orientations,
le potentiel, les stratégies et les contraintes du
CNE ; une discussion a suivi. M. Minassyan a expliqué
que lECLOF-Arménie navait quun
an et guère encore dexpérience. Au 30
juin 2000, il navait consenti que 30 prêts dun
montant total de 280 000 USD, mais en a accordé bien
dautres depuis. Tous les projets en sont encore à
leurs étapes initiales, aussi faudra-t-il attendre
pour mesurer les tendances, les résultats et limpact.
« Nous visons des groupes et des petites entreprises
rurales dont laccès au financement traditionnel
est limité en raison du niveau élevé
des taux dintérêt et de la sévérité
des exigences en matière de garanties. La plupart
de nos prêts visent le développement agricole
: élevage, production fourragère ou transformation
des produits. Notre méthode se fonde sur les prêts
aux groupes (un groupe moyen compte 3 à 4 familles),
garantis par un collatéral et une conception étape
par étape, chaque étape étant financée
sur la base du succès ou non de la précédente.
Nous suivons les projets régulièrement et
les évaluons chaque année pour repérer
et résoudre les problèmes avant quils
ne deviennent insolubles et pour assurer lefficacité
et la pérennité des initiatives. »
"Il nous faut aussi élargir notre rayon daction.
Les besoins sont encore énormes dans notre pays et
nous devons absolument étendre nos services qui se
concentrent surtout sur la région dArmavir."
M. Minassyan a souligné quen tant que nouvelle
venue dans la famille de lECLOF, lECLOF-Arménie
adhère aux orientations et aux critères de
la Fondation. Toutefois, sil faut élaborer
des lignes directrices et des règlements qui soient
acceptables par tous les milieux de lECLOF, il faut
aussi quils soient adaptés aux différents
contextes locaux. LECLOF-Arménie projette donc
de publier un manuel de lignes directrices et dorientations
ou un manuel pratique. "Nous comptons travailler en
étroite coopération avec nos clients, en puisant
dans leur expérience et leurs observations. Cest
la synergie avec nos clients qui nous aidera à trouver
les solutions aux problèmes."
Témoignages
des clients
Des clients ont aussi participé à latelier
et deux dentre eux ont présenté des
exposés. M. Ferdinand Grigoryan de lAssociation
agricole de Spitak a déclaré que son association
avait contracté un emprunt auprès de lECLOF
pour que les familles pauvres puissent acheter des vaches.
Il a expliqué quà la fin du programme,
toutes les dettes seront remboursées et que lassociation
sera rentable et pourra accueillir de plus en plus dagriculteurs.
Il reste toutefois un obstacle à surmonter. Les 50
000 USD empruntés étant assortis dun
taux dintérêt uniforme (flat rate), en
2001, après un remboursement partiel de 30 000 USD,
il restera à payer 20 000 USD et 5000 USD dintérêt.
Pour les agriculteurs, cest là un taux dintérêt
de 25 pour cent et non pas le taux de 10 pour cent perçus
sur lemprunt dorigine. Il est impossible dexpliquer
le principe du taux uniforme aux paysans pauvres. Le CNE
est donc actuellement en train de revoir sa politique de
taux dintérêt.
« Avec largent que nous avons emprunté
à lECLOF-Arménie, déclare aux
participants à latelier une autre cliente,
Mme Angin Minasyan, nous travaillons nos champs de manière
à gagner notre vie et à rembourser notre emprunt.
Cinq familles participent au projet, chacune apportant sa
parcelle de terre et une main-duvre dure à
la tâche. Nous cultivons 20 hectares de céréales,
7 hectares de pommes de terre, 7 à 10 hectares de
melons, 3 à 4 hectares de légumes, 10 hectares
de fourrage et 3 hectares de fruits. Devant ces chiffres,
on pourrait penser quon se débrouille bien,
mais en vérité, la situation économique
en Arménie est telle que nous avons du mal à
vendre nos produits.
"A cause de linstabilité du marché
et de lémigration des villes, nos débouchés
sont de plus en plus restreints. Les prix seffondrent
et donc soit nous couvrons tout juste nos frais, soit nous
passons dans le rouge."
A cause de ces problèmes, Mme Minasyan a demandé
à lECLOF dabaisser ses taux dintérêt
et déchelonner les paiements selon les saisons
et non, comme elle le fait à présent, en demandant
des mensualités égales.
Cette séance a été suivie dun
débat très animé. Les clients ont appris
que le taux uniforme annuel de 12 pour cent pratiqué
par lECLOF-Arménie est lun des plus bas
au niveau national et international. Si une institution
de microfinancement (IMF) souhaite sinscrire dans
la durée, elle doit prévoir ses revenus et
ses dépenses, protéger son capital de lérosion
et faire des provisions pour pertes sur prêts afin
de se prémunir contre les événements
imprévisibles. Le taux dintérêt
est donc calculé sur la base de ce dont elle a besoin
pour faire face à exigences plutôt que dune
manière arbitraire sur la base de facteurs externes.
Forte de ce principe, lECLOF-Arménie a donc
calculé quil lui fallait percevoir chaque année
12 drams pour chaque 100 drams prêtés. En taux
uniforme, ce taux est donc de 12 pour cent par an. Si, par
contre, lintérêt est perçu sur
le solde de la dette, le taux sera de 22 pour cent, ce qui
signifie que, dans la phase initiale du projet, les traites
seront plus élevées. Que le taux annuel soit
de 12 pour cent (uniforme) ou de 22 pour cent (sur un solde
dégressif ), le CNE touche toujours 12 pour cent
net par an soit 12 drams pour 100 drams prêtés.
Cest un défi que le CNE a décidé
de relever : maintenir les taux à un faible niveau
et en même temps devenir financièrement stable.
Le CNE espère arriver à le faire en administrant
le programme de manière professionnelle et en étendant
la gamme de ses activités.
Les participants ont encouragé les clients à
rechercher de nouvelles solutions pour commercialiser leurs
produits. Il a par exemple été suggéré
que certains villageois se lancent dans la commercialisation.
On a aussi encouragé l'épargne.
Les participants ont aussi voulu savoir si les femmes arméniennes
pouvaient prendre des décisions. Mme Minasyan a souri,
disant que les femmes prennent les décisions et les
maris les appliquent.