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Courrier
des lecteurs
Réaction
sur la question du crédit-bail
Dans le dernier numéro dHORIZONS (le micro crédit-bail),
nous avons décrit le programme de micro crédit-bail
administré par lECLOF-Bolivie. Mauricio Dupleich,
qui a mis au point ce programme à lECLOF-Bolivie,
a été nommé à la direction du
département du développement. Il vient également
dobtenir une maîtrise pour sa thèse «
Micro crédit-bail : de nouvelles techniques financières
pour élargir les horizons du microfinancement ».
Dans la lettre quil a adressée à HORIZONS
et qui est reproduite ci-dessous, M. Dupleich traite principalement
de lélément cession-bail du microcrédit.
Il y a cession-bail lorsquun propriétaire vend
un bien, généralement des équipements
ou des machines, à une agence de crédit-bail
qui convient de louer le bien au vendeur avec une option dachat
à léchéance du contrat.
Chers
rédacteurs dHORIZONS,
LECLOF-Bolivie fait des opérations de cession-bail
à Oruro depuis quelque temps déjà ; aussi
avons-nous une b onne
connaissance de ces techniques. En Bolivie, le transfert de
propriété, surtout de propriétés
foncières, saccompagne de trois catégories
de frais :
1) honoraires du notaire qui établit le dossier (accord
de cession et enregistrement) ;
2) frais denregistrement de la transaction et du transfert
des titres de propriété auprès du Registre
foncier ;
3) taxe de 3 pour cent sur la valeur de la propriété.
Dans une opération de cession-bail, les frais de notaire,
si on a recours à ses services, se situent entre 7
et 9 USD, lenregistrement du transfert coûte de
31 à 45 USD, et la transaction nest grevée
daucune taxe. Le transfert se monte donc à un
total de 38 à 54 USD. Pour des montants de moins de
2500 USD, la cession-bail nest pas intéressante.
Il est inutile de la comparer aux taux hypothécaires
(0,3 pour cent) puisque la terre appartenant aux agriculteurs
ne peut pas être hypothéquée. A mon avis,
ces frais ne se justifient que lorsque dimportantes
sommes dargent sont en jeu. En même temps, il
est possible de conclure un contrat de cession-bail informel
qui peut être enregistré à tout moment,
en cas de besoin. Même sil nest pas formellement
enregistré, le contrat peut avoir un impact psychologique
décisif sur lemprunteur qui est incité
à rembourser son emprunt parce que, techniquement,
il a signé un contrat qui lengage à vendre
sa terre et à la racheter.
Lexpérience nous a appris que, dans un accord
de cession-bail, nous pouvons recouvrer les équipements
comme les tracteurs. Récemment, un groupe avec lequel
nous avions un accord de ce type sest dissout. Le responsable
du groupe a pris le tracteur et sest rendu dans une
autre communauté. Le contrat était valable parce
que, en moins de deux semaines, les autorités ont ordonné
au responsable du groupe dindiquer le lieu où
se trouvait le tracteur, faute de quoi il serait incarcéré
pour fraude. Nous avons donc récupéré
le véhicule. Ainsi, que lobjet cédé
soit vendu, loué ou caché, on peut intenter
une action en justice pour en reprendre possession.
LECLOF-Bolivie a commencé par traiter les opérations
de cession-bail de son bureau principal à La Paz. Depuis,
nous avons mis au point un système selon lequel il
incombe au directeur de chacune des succursales de lECLOF-Bolivie
qui fait des opérations de cession-bail dévaluer
les demandes, puis de suivre les dossiers et de collecter
les remboursements. Nous surveillons toujours les remboursements
des clients du bureau principal, mais nous allons bientôt
décentraliser cette activité. LECLOF-Bolivie
possède un portefeuille de contrats de cession-bail
dune valeur totale de 450 000 USD et compte environ
400 clients. Le portefeuille dOruro est assez important
pour couvrir le salaire mensuel dun responsable de terrain
comme celui que nous employons à La Paz. Selon nous,
Sucre et Tarija rapporteront bientôt suffisamment pour
couvrir les frais dun autre responsable de terrain.
Le programme de cession-bail de lECLOF-Bolivie reste
indépendant du programme de crédit. Pour le
moment, cette situation présente des avantages. Les
opérations de cession-bail exigent des collaborateurs
spécialisés qui savent évaluer les flux
de trésorerie et létat des équipements
et des machines, effectuer de petites réparations,
etc. Un responsable des contrats de cession-bail polyvalent
travaillant au sein dun programme indépendant
peut aussi offrir aux clients une multitude de services comme
des conseils sur la manière de gérer certaines
affaires ou des conseils techniques. En demeurant indépendant,
le programme de cession-bail peut aussi présenter lavantage
doffrir des services spécialisés comme
limportation de certains biens appropriés, ainsi
quune assistance technique, par exemple laccès
à des bases de données contenant des informations
sur les fournisseurs et les biens.
Si lopération de cession-bail sassociait
au programme de crédit de lECLOF-Bolivie, elle
serait soumise à une réglementation de groupe,
si jose dire. En Bolivie, les règlements applicables
aux établissements de crédit sont strictes et
risqueraient dentraver le développement et le
renforcement des activités de cession-bail. Il vaudrait
mieux dabord intégrer dans le programme principal
les opérations de crédit les plus développées.
Le programme de cession-bail serait alors sous la juridiction
de lorgane de surveillance des banques en tant quentreprise
indépendante. En Bolivie, les opérations de
cession-bail ne sont soumises quà la taxe sur
la valeur ajoutée (TVA), alors que les activités
de prêt de lECLOF sont très lourdement
taxées. En maintenant une nette séparation entre
les deux activités, nous navons pas à
faire un décompte précis des opérations
en vue de la taxation.
En restant indépendante, lopération de
cession-bail peut également fixer ses propres taux,
décider de ses orientations et exercer un contrôle
plus approprié sur les dépenses parce quil
ny a quune seule activité à surveiller.
Cela aide pour réaliser des économies déchelle.
Le principal problème du programme de cession-bail
de lECLOF-Bolivie est de trouver de nouvelles sources
de capital. A cet égard, la perspective la plus intéressante
serait de créer une coentreprise avec dautres
organisations où lECLOF-Bolivie possède
une participation majoritaire afin dassurer la dimension
sociale des activités sans compromettre leur viabilité.
Nous navons pas encore défini le montant du capital
à engager mais nous y travaillons. Nous cherchons des
partenaires. Nous avons réussi à éveiller
lintérêt dun certain nombre des principaux
acteurs du développement, il nous faut maintenant passer
à létape suivante.
Mauricio Dupleich
ECLOF-Bolivie
Qui
ne risque rien na rien ?
Extrait dune circulaire électronique adressée
à HORIZONS et à dautres par Dave Richardson
du World Council of Credit Unions, dans le cadre dun
passionnant débat entre les membres du réseau
« financement du développement » sur le
rôle du capital risque dans lélimination
de la pauvreté.
Coentreprises / participation en capital : quelques remarques
Si les spécialistes du capital risque investissent,
cest généralement pour une seule et unique
raison : ils pensent avoir de grandes chances de gagner beaucoup
dargent en peu de temps.
Ils sont prêts à prendre des risques plus importants
que les sources de financement traditionnels, et estiment
donc quil est « justifié » de faire
des gains importants. Cest lessence même
du capitalisme.
Ceux dentre nous qui croient fermement que tout nest
pas monnayable en ce monde sont presque écurés
à lidée que ces spécialistes du
capital risque et leurs complices peuvent servir les pauvres
et même les plus pauvres des pauvres pour accumuler
des rendements astronomiques
Cest assez déroutant
les plus pauvres des pauvres versant les taux les plus élevés
du monde pour enrichir les plus riches des riches ! ! Est-ce
normal ou ne suis-je quune âme sensible ? Ny
a-t-il pas moyen de faire autrement ?
Je viens de finir une étude très intéressante
sur limpact des caisses de crédit en El Salvador.
Une des choses qui méritent dêtre mentionnées
est létude comparative entre 13 caisses de crédit
et la Calpiá, premier établissement de microfinancement
du pays, qui jouit dune excellente réputation
et qui est à la recherche de participation en capital
pour devenir une banque. Après une petit analyse des
chiffres, voici la comparaison de quelques indicateurs clés
au 31 décembre 1999 :
| Catégorie |
Calpiá |
13
caisses de crédit |
Différence |
| Taux
dintérêt (crédits) |
33,7
% |
25,8
% |
(7,9
%)
|
| Taux
dintérêt (dépôts) |
9,3
% |
10,0
% |
+0,7
% |
| Marge
brute |
21,5
% |
13,0
% |
(8,5
%) |
| Dépenses
de fonctionnement |
14,8
% |
7,5
% |
(7,3
%)
|
| Rendement
de lactif |
3,9
% |
4,7
% |
+0,8
% |
Voici
ce que nous pouvons conclure : les caisses de crédit
peuvent demander un taux dintérêt plus
bas de près de 8 pour cent, verser près de 1
pour cent de plus sur les dépôts, couvrir tous
leurs frais de fonctionnement et gagner encore près
de 1 pour cent de plus que la Calpiá sur le total de
ses actifs
vous savez, le genre de rendement qui fait
saliver les spécialistes du capital risque !
Mais, me direz-vous, je croyais que les caisses de crédit
étaient des organisations sans but lucratif.
Hélas, cest là la grande différence
entre les capitalistes et les membres de coopératives
:
Les dividendes versés par les caisses de crédit
reviennent à ceux qui ont eu recours à ses services
financiers, et le profit net (après dividendes) est
capitalisé, cest-à-dire versé dans
les réserves de la caisse de crédit où
il saccumule au profit de tous collectivement : NUL
ne peut y toucher seul. Pendant ce temps, les adeptes du capital
risque, le sourire aux lèvres, se rendent, eux, dans
lanonymat off-shore de leurs paradis fiscaux, après
une journée de travail bien remplie avec en poche un
salaire honnêtement mérité !
Et voilà ma modeste contribution au débat en
cours !
Dave Richardson
World Council of Credit Unions
dcr@bwn.net
Répandre
la parole
Chers
rédacteurs d HORIZONS,
Un grand merci pour HORIZONS ! Nous voulons tant en savoir
davantage sur lECLOF et mieux comprendre ce quelle
fait que votre revue est pour nous une bénédiction.
Nous en avons distribué aux membres de lECLOF-Cameroun
et à dautres organisations de Yaoundé,
Garoua, Buea, Bamenda, Douala et dautres villes du pays.
Alice Kengne Youmbi
ECLOF-Cameroun
dcr@bwn.net
Recevoir
lECLOF
Chers rédacteurs de HORIZONS,
Jai reçu HORIZONS et je vous remercie de votre
publication.
Jai récemment eu limmense chance de passer
quelques jours avec des membres de lECLOF venus de létranger
en visite dans mon pays. Jai aussi eu loccasion
de prendre part à un atelier de lECLOF. Ces quelques
jours passés en compagnie de personnes de différents
pays du monde mont démontré que tous les
peuples peuvent vivre ensemble.
Votre organisation est dune très aide pour les
gens de mon pays qui ne peuvent obtenir des prêts auprès
du gouvernement ou des banques privées.
Nous avons récemment obtenu un prêt de lECLOF
et je suis très heureux de voir quil y a des
agences partout dans le monde.
Jai beaucoup apprécié votre visite dans
mon pays et je vous remercie du temps et de lénergie
que vous consacrez à Sri Lanka.
R.
M. S Jayasinghe
Client de lECLOF
district de Matale
Sri Lanka
Nous
sommes toujours heureux de recevoir des lettres de nos lecteurs.
Faites-nous part de vos réflexions et de vos opinions
sur le travail de lECLOF et le monde de la microfinance.
Ecrivez à HORIZONS, ECLOF, Centre cuménique,
C. P. 2100, CH 1211 Genève 2, Suisse.
Le
crédit équitable une nouvelle vidéo
de lECLOF
La nouvelle vidéo consacrée à lECLOF
vient de sortir. Dune durée de 17 minutes, Le
crédit équitable fait intervenir des clients
de lECLOF qui expliquent comment la Fondation les a
aidés à améliorer leurs conditions de
vie et celles de leurs communautés. Vous y trouverez
aussi des animations claires et concises sur les structures
mondiales et locales de lECLOF et les relations qui
les entretiennent entre elles. Vous pouvez obtenir Le crédit
équitable en français, anglais, espagnol et
allemand, auprès du Secrétariat de lECLOF.
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