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Horizons, Bulletin informatif de la Fondation Oecuménique de CréditHorizons > Juin 2000

 

Collaboration Entre le COE et la CETA Pour Aider l’Afrique

Lors de leur première réunion commune, les membres africains du Comité central du Conseil oecuménique des Eglises (COE) et les membres du Comité général de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) ont pris l’engagement qu’à l’avenir les deux organismes travailleraient en étroite collaboration.

Plus de 50 délégués, réunis en mars 2000, ont discerné les questions réclamant une attention prioritaire de la part des deux organisations oecuméniques :

  • la justice économique et la bonne conduite des affaires publiques
  • le règlement des conflits, l’édification de la paix et la réconciliation
  • la santé et l’éducation
  • la spiritualité, l’identité et l’unité

Les délégués ont déclaré que leurs organisations avaient besoin de lignes directrices claires. Ils ont aussi souligné l’importance des moyens de communication modernes et des techniques de l’information dans leurs efforts pour créer des réseaux. Ils ont réclamé un échange d’information et une responsabilisation « verticale et horizontale » à tous les niveaux de l’Eglise et un « réveil » des bureaux des femmes et des jeunes dans les Eglises.

Les difficultés
Dans un discours liminaire, la présidente du COE Mme Agnes Abuom du Kenya a fait une description saisissante des difficultés que traverse l’Afrique. Elle a signalé que 189 millions d’Africains souffrent de malnutrition et que le continent compte 20 millions de déracinés. Le SIDA, a-t-elle ajouté, menace la vie. Au Kenya, par exemple, 500 personnes meurent chaque semaine de cette maladie, tandis que ce chiffre est de 700 au Zimbabwe.

« Il est alarmant de constater que des millions de gens meurent dans un monde qui regorge de richesses », a-t-elle fait observer, en demandant : « Comment pouvons-nous nous unir pour déjouer le piège mortel de la pauvreté ? » Pour Mme Abuom, le système économique mondial est « injuste » : « Il suce les gens jusqu’à la moëlle…[et] engendre le racisme. »

Un moment crucial
Le secrétaire général de la CETA, le chanoine Clement Janda a déclaré aux délégués qu’ils se réunissaient « à un moment crucial de la vie des Africains. Nous sommes confrontés aux défis que sont les guerres civiles, les guerres économiques, les luttes politiques, les problèmes écologiques, les catastrophes naturelles ou causées par l’homme, le fléau du SIDA et d’autres maladies curables. »

Le chanoine Janda a recommandé que les deux organes directeurs de la CETA et du COE se réunissent « tous les deux ou trois ans ».

Dans des remarques lues à la séance d’ouverture, le secrétaire général adjoint du COE, Georges Lemopoulos, a qualifié la première réunion des organes directeurs de la CETA et du COE d’ « événement historique ». Les recommandations du colloque, a-t-il suggéré, devraient être « porteuses d’espérance, axées sur la pratique, mais aussi capables d’enflammer l’imagination de la population africaine, en particulier des femmes et des jeunes ».

« Nous avons besoin d’une vision commune pour travailler ensemble dans la lutte pour la vie », a déclaré le président de l’Eglise presbytérienne du Rwanda, le pasteur André Karamaga. M. Karamaga, qui est membre des organes directeurs des deux organisations oecuméniques, a appelé les délégués du COE et de la CETA à tendre vers « l’unité d’action ».

Le mouvement oecuménique
Le pasteur Karamaga a défini les quatre catégories de personnes qui composent le mouvement oecuménique :

  • Eglises locales : hommes, femmes et enfants
    personnes représentant les Eglises locales aux échelons national, sous-régional, régional et international ;
  • responsables ou personnel des organisations oecuméniques
  • personnel des agences donatrices.

Il a relevé dans les quatre catégories ce qu’il estime être des insuffisances en matière de promotion du mouvement oecuménique.

A l’échelon local, les Eglises rencontrent des problèmes de direction et de gestion ainsi que des problèmes financiers, a-t-il expliqué. Elles sont parfois prisonnières de « frontières étroites » tracées par leurs intérêts nationaux ou tribaux.

Il a aussi critiqué « les fonctionnaires oecuméniques » qui perdent le contact avec les Eglises locales. « J’ai du mal à voir en nous une source d’inspiration du mouvement oecuménique. » Il a ajouté que ceux qui travaillent pour les agences donatrices ont eux aussi tendance à perdre le contact avec les Eglises locales.

Réagissant aux remarques d’André Karamaga, l’évêque Godfrey M. Mhogolo de Tanzanie a noté que « les instruments oecuméniques ne communiquent pas les uns avec les autres ». Au lieu de coopérer, le COE et la CETA se font concurrence pour mobiliser les fonds des donateurs.

Messages
A l’issue de leurs discussions sur la situation de l’Afrique, les délégués ont décidé d’adresser un message de solidarité aux Eglises membres dans les pays touchés par les inondations : le Mozambique, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Zambie, le Botswana et Madagascar.

Ils ont aussi exprimé leur bouleversement devant ce qui, à l’époque, avait été considéré comme le suicide collectif d’adeptes ougandais d’une secte, morts le vendredi 17 mars dans un incendie provoqué délibérément. Les participants à la réunion ont envoyé un message de condoléances aux Eglises membres en Ouganda.

Enfin, ils ont adressé des lettres de solidarité à d’autres pays troublés du continent : le Nigéria, le Sénégal, le Congo-Brazzaville, la République démocratique du Congo, l’Angola, le Soudan et la Namibie.

 
 
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