voilà, à ladresse des membres des conseils
dadministration, trois des dix «commandements»
- ou qualités requises - mentionnés par Thomas
Kandasami lors du Comité régional asiatique
de lECLOF, tenu à Sri Lanka fin mars 2000 (voir
rapport intégral en page X).
M.
Kandasami, qui vient de lInde, est expert en gestion
financière et en gestion dorganisations à
but non lucratif. Il a énoncé ses «commandements»
lors dun exposé très intéressant
et très vivant sur les rôles et les responsabilités
des membres des conseils dadministration et des collaborateurs
des comités nationaux de lECLOF (CNE).
Selon lui, les membres des conseils dadministration
doivent aussi se montrer créatifs, courageux, cohérents,
aptes à gérer les conflits, à envisager
des idées et des pratiques nouvelles, à apporter
une réelle contribution aux activités de lECLOF,
et à jouer un rôle de stimulant.
En décrivant les différents modes daction
des conseils dadministration, M. Kandasami se déclare
favorable aux conseils dadministration polyvalents
: cest-à-dire comptant des membres qui possèdent
des connaissances spécialisées dans les domaines
traités par les comités nationaux, et qui
sont capables de rehausser limage de marque de ces
comités, daméliorer la transparence
de linstitution et aussi de jouer un rôle essentiel
dans la planification stratégique. Dautres
membres seraient plus directement engagés dans la
planification, le suivi et lexécution du travail
quotidien.
M. Kandasami explique quun conseil dadministration
dun autre type risquerait davoir une attitude
condescendante et trop dominatrice à légard
du personnel du CNE dont il est responsable, ou encore de
lui accorder une trop grande marge de manoeuvre. Le conseil
dadministration polyvalent permet décarter
ces dangers.
Il reconnait quindépendamment du style adopté
par les conseils dadministration de CNE, leurs membres
font preuve dune grande motivation dans leur travail
et leur manière de collaborer avec le personnel.
Il voit cela comme une confirmation du vieil adage quil
a choisi comme titre de son exposé : « Lenfer
est pavé de bonnes intentions».
[llustration]
A la différence des personnages ci-dessus (Nous
disons oui à tout), les membres des conseils dadministration
de CNE doivent avoir le courage de leurs opinions.
Membres et personnel
M. Kandasami estime que les membres et le personnel
des conseils dadministration de CNE doivent apprendre
tout ce qui contribue à des pratiques saines. Il
est indispensable quil y ait une interaction positive
entre le rôle que jouent les membres du conseil dadministration
et celui que jouent les membres du personnel. «Il
faut à tout prix éviter les situations où
la vision et la mission dune organisation visent un
objectif, et la gestion de ses ressources un autre, et ce
souvent malgré les bonnes intentions des membres
du conseil dadministration et malgré le dévouement
du personnel.»
Crédibilité
Pour M. Kandasami, la mondialisation et la libéralisation
de léconomie ont réduit le rôle
de lÉtat dans lamélioration de
la condition des pauvres quils ont même marginalisés
plus encore. Cest pourquoi, les organisations de développement
comme lECLOF ont un rôle fondamental à
jouer dans la lutte contre la pauvreté et doivent,
pour être efficaces, adopter les critères professionnels
les plus exigeants. «Une bonne gestion et le souci
de la transparence sont indispensables si lon veut
remplir les normes en termes de responsabilité et
de crédibilité.»
Dans son exposé, M. Kandasami a examiné comment
la direction pouvait exercer son rôle. Il a passé
en revue dans le détail les responsabilités
des membres des conseils dadministration et les éléments
contribuant à la transparence dans la gestion des
CNE.
Pour lui, les membres des conseils dadministration
doivent sapproprier la direction et la prise de décision
et en assumer la responsabilité. Ils ne doivent pas
sen «décharger » sur quelquun
dautre, même si cest souvent là
la solution de facilité.
Après son exposé, M. Kandasami a réparti
les participants à latelier en groupes et leur
a demandé dénumérer les pratiques
saines et malsaines. La discussion a ensuite porté
sur les méthodes permettant de renforcer les pratiques
saines et de réduire celles qui ne le sont pas.
Les membres ont souligné la nécessité
pour les décideurs de bien comprendre la réalité
locale et limportance quil y a disposer de systèmes
efficaces détablissement de rapports. Les représentants
de plusieurs CNE ont fait part aux autres de leur expérience
en matière délaboration des grandes
orientations et en matière de gestion des programmes
de crédit. Pour eux, il est important de renforcer
la base en créant des réseaux et en formant
des responsables. Il convient aussi de fixer les priorités
et de disposer de manuels sur les opérations et les
procédures contenant des règles du jeu claires.
Latelier a attiré lattention de tous
sur la nécessité de toujours privilégier
les intérêts des clients et de veiller à
ce que les programmes de lECLOF ne perdent jamais
de vue la vision qui anime les CNE et la mission qui leur
incombe.