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Horizons, Bulletin informatif de la Fondation Oecuménique de CréditHorizons > Juin 2000

 

 

Microfinance : les dix commandements des conseils d’administration
Engagement, motivation et compétence …

… voilà, à l’adresse des membres des conseils d’administration, trois des dix «commandements» - ou qualités requises - mentionnés par Thomas Kandasami lors du Comité régional asiatique de l’ECLOF, tenu à Sri Lanka fin mars 2000 (voir rapport intégral en page X).

Thomas KandasamiM. Kandasami, qui vient de l’Inde, est expert en gestion financière et en gestion d’organisations à but non lucratif. Il a énoncé ses «commandements» lors d’un exposé très intéressant et très vivant sur les rôles et les responsabilités des membres des conseils d’administration et des collaborateurs des comités nationaux de l’ECLOF (CNE).

Selon lui, les membres des conseils d’administration doivent aussi se montrer créatifs, courageux, cohérents, aptes à gérer les conflits, à envisager des idées et des pratiques nouvelles, à apporter une réelle contribution aux activités de l’ECLOF, et à jouer un rôle de stimulant.

En décrivant les différents modes d’action des conseils d’administration, M. Kandasami se déclare favorable aux conseils d’administration polyvalents : c’est-à-dire comptant des membres qui possèdent des connaissances spécialisées dans les domaines traités par les comités nationaux, et qui sont capables de rehausser l’image de marque de ces comités, d’améliorer la transparence de l’institution et aussi de jouer un rôle essentiel dans la planification stratégique. D’autres membres seraient plus directement engagés dans la planification, le suivi et l’exécution du travail quotidien.

M. Kandasami explique qu’un conseil d’administration d’un autre type risquerait d’avoir une attitude condescendante et trop dominatrice à l’égard du personnel du CNE dont il est responsable, ou encore de lui accorder une trop grande marge de manoeuvre. Le conseil d’administration polyvalent permet d’écarter ces dangers.

Il reconnait qu’indépendamment du style adopté par les conseils d’administration de CNE, leurs membres font preuve d’une grande motivation dans leur travail et leur manière de collaborer avec le personnel. Il voit cela comme une confirmation du vieil adage qu’il a choisi comme titre de son exposé : « L’enfer est pavé de bonnes intentions».

[llustration]
A la différence des personnages ci-dessus (Nous disons oui à tout), les membres des conseils d’administration de CNE doivent avoir le courage de leurs opinions.

Membres et personnel
M. Kandasami estime que les membres et le personnel des conseils d’administration de CNE doivent apprendre tout ce qui contribue à des pratiques saines. Il est indispensable qu’il y ait une interaction positive entre le rôle que jouent les membres du conseil d’administration et celui que jouent les membres du personnel. «Il faut à tout prix éviter les situations où la vision et la mission d’une organisation visent un objectif, et la gestion de ses ressources un autre, et ce souvent malgré les bonnes intentions des membres du conseil d’administration et malgré le dévouement du personnel.»

Crédibilité
Pour M. Kandasami, la mondialisation et la libéralisation de l’économie ont réduit le rôle de l’État dans l’amélioration de la condition des pauvres qu’ils ont même marginalisés plus encore. C’est pourquoi, les organisations de développement comme l’ECLOF ont un rôle fondamental à jouer dans la lutte contre la pauvreté et doivent, pour être efficaces, adopter les critères professionnels les plus exigeants. «Une bonne gestion et le souci de la transparence sont indispensables si l’on veut remplir les normes en termes de responsabilité et de crédibilité.»

Dans son exposé, M. Kandasami a examiné comment la direction pouvait exercer son rôle. Il a passé en revue dans le détail les responsabilités des membres des conseils d’administration et les éléments contribuant à la transparence dans la gestion des CNE.

Pour lui, les membres des conseils d’administration doivent s’approprier la direction et la prise de décision et en assumer la responsabilité. Ils ne doivent pas s’en «décharger » sur quelqu’un d’autre, même si c’est souvent là la solution de facilité.

Après son exposé, M. Kandasami a réparti les participants à l’atelier en groupes et leur a demandé d’énumérer les pratiques saines et malsaines. La discussion a ensuite porté sur les méthodes permettant de renforcer les pratiques saines et de réduire celles qui ne le sont pas.

Les membres ont souligné la nécessité pour les décideurs de bien comprendre la réalité locale et l’importance qu’il y a disposer de systèmes efficaces d’établissement de rapports. Les représentants de plusieurs CNE ont fait part aux autres de leur expérience en matière d’élaboration des grandes orientations et en matière de gestion des programmes de crédit. Pour eux, il est important de renforcer la base en créant des réseaux et en formant des responsables. Il convient aussi de fixer les priorités et de disposer de manuels sur les opérations et les procédures contenant des règles du jeu claires.

L’atelier a attiré l’attention de tous sur la nécessité de toujours privilégier les intérêts des clients et de veiller à ce que les programmes de l’ECLOF ne perdent jamais de vue la vision qui anime les CNE et la mission qui leur incombe.

 
 
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