Le
représentant spécial du secrétaire
général de lOrganisation des Nations
Unies pour les enfants et les conflits armés, Olara
A. Otunnu a accueilli avec satisfaction la loi adoptée
par le gouvernement du Rwanda, qui permet désormais
aux filles dhériter de terres et dautres
biens.
Auparavant, en vertu de la loi et de la tradition rwandaise,
les femmes et les filles navaient pas le droit dhériter
de terres ; par contre, il était entendu quelles
avaient la jouissance des biens communs appartenant à
leurs maris ou leurs pères.
«Linjustice de cette discrimination entre
les sexes sest transformée en un véritable
drame après le génocide de 1994, quand le
Rwanda s'est retrouvé avec des centaines de milliers
dorphelins», a déclaré M. Otunnu.
«On estime à 45 000 le nombre de foyers dirigés
par des enfants orphelins, dont 90% par des filles qui
nont pas accès à la terre alors quelle
est essentielle à la survie de leurs familles.»
Selon M. Otunnu, la nouvelle loi constitue «un progrès
audacieux visant à redresser une injustice créée
par cette pratique séculaire». Il a également
ajouté que «cétait une mesure
pratique pour remédier à une des conséquences
du génocide».
La nouvelle législation stipule que «tous
les enfants légitimes (du défunt), conformément
au droit civil, sont héritiers à parts égales
sans distinction entre les enfants de sexe masculin ou
féminin».
Cette question était au centre des discussions
entre le représentant spécial et le gouvernement
du Rwanda depuis la visite de M. Otunnu au Rwanda en février
1999, où il avait exhorté le gouvernement
à adopter une législation permettant aux
filles dhériter de fermes et dautres
biens.
«Jespère que dautres pays aux
pratiques similaires envisageront de suivre lexemple
notoire donné par le gouvernement du Rwanda, spécialement
dans des situations où les enfants ont subi dénormes
pertes du fait des conflits armés», a déclaré
M. Otunnu.