Rosebud
: beaucoup de commandes
mais un fonds de roulement insuffisant
par
Abigil Mpofu
Ethern
Rosebud est le nom d'un partenariat créé
par cinq habitants d'Harare, au Zimbabwe. Le projet a commencé
en avril 1997, quand deux femmes et trois hommes ont décidé
de se lancer dans la confection de vêtements pour enfants.
Les partenaires se sont associés parce qu'ils avaient
des savoir-faire complémentaires et qu'ils souhaitaient
les uns comme les autres créer leur propre emploi et
assurer de la sorte leur subsistance.
J'ai
donné pour ma part six machines à coudre et
une petite somme d'argent. M. Bvoro a mis à contribution
ses compétences en matière de conception et
de confection de modèles et M. Muropa a apporté
son expérience dans le domaine du contrôle de
la qualité et de la supervision. Mme Ndoro a apporté
des capitaux et intervient dans la vente. M. Shoko, lui, s'occupe
de la comptabilité et de la commercialisation des produits.
Des
débuts dans une arrière-cour
Nous avons commencé à travailler dans
une arrière-cour, chez l'un d'entre nous. Nous avons
embauché quatre tailleurs. Au début, les commandes
étaient limitées, mais elles ont vite augmenté.
Nous nous sommes rendu compte que l'abri que nous utilisions
était trop petit et qu'il ne convenait pas pour recevoir
des clients. Avec l'augmentation du volume de commandes, nous
avons dû chercher des locaux plus grands. Nous avions
besoin de plus de machines pour répondre à l'accroissement
de la demande et nous les avons achetées à crédit
auprès d'une société locale. Nous avons
donc dû embaucher de nouveaux tailleurs et augmenter
notre fonds de roulement.
Pas
de prêt !
La demande a continué de croître et
nous avons pris conscience à Rosebud que nous
ne pouvions continuer notre expansion sans disposer des fonds
correspondants. Nous avions besoin de 5 000 USD supplémentaires
pour acheter du matériel et des machines. Nous nous
sommes adressés à deux banques commerciales
et à une agence de développement créée
par le gouvernement pour promouvoir les petites et moyennes
entreprises, mais personne n'a voulu nous accorder de prêt
parce que nous ne pouvions offrir de garanties classiques
en échange.
Pour finir, nous avions beaucoup de commandes mais pas assez
de matériel pour les honorer. Nos tailleurs ont appris
nos difficultés et, à notre grande surprise,
ils nous ont offert un mois de leur salaire pour que nous
puissions acheter le matériel nécessaire. Cette
période a été très difficile pour
le groupe et nous avons sérieusement envisagé
d'abandonner.
L'aide
de la ZECLOF
C'est tout à fait par hasard que nous avons
entendu parler de l'ECLOF-Zimbabwe (ZECLOF) par un ami qui
avait bénéficié peu auparavant d'un prêt
de cet organisme. Nous nous sommes rendus dans les bureaux
de la ZECLOF qui nous
a beaucoup aidés. La ZECLOF est venu dans nos locaux
et a évalué notre affaire. Elle a accepté
nos machines comme garantie et, un mois plus tard, nous a
accordé un prêt de 4 500 USD. Nous avons utilisé
l'ensemble de cette somme pour acheter du mat ériel.
En un mois, nous avons honoré des commandes pour une
valeur de 7 140 USD. Ce prêt a été un
véritable bol d'air, qui nous a aid és à
donner une stabilité à notre entreprise. Sans
l'aide de la ZECLOF, nous aurions dû fermer.
Merci
à l'ECLOF !
Note
de la rédaction : Certains des délégués
présents à la Huitième Assemblée
du COE se sont rendus chez ces bénéficiaires
et ont estimé qu'ils ne répondaient pas aux
caractéristiques du groupe cible de l'ECLOF en raison
de leur expérience professionnelle. Cependant, ils
ont émis cet avis avant d'être informés
que ces bénéficiaires avaient longtemps recherché
des fonds sans succès, même en s'adressant aux
institutions publiques créées pour les soutenir.
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