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Message
du directeur
"
Au début, nous nous sentions comme des étrangers
sur la terre de nos ancêtres "
C'est
ainsi que se sont exprimés les membres du groupe de
la Colombie - six bénéficiaires de prêts
de l'ECLOF et un membre du Comité national - lors de
la Huitième Assemblée du Conseil oecuménique
des Eglises qui a eu lieu à Harare, au Zimbabwe, en
décembre de l' année dernière. C'était
la première fois que ces Colombiens d'origine africaine
mettaient le pied sur le sol de l'Afrique. Ils étaient
là pour participer aux activités du padare
et raconter leur expérience en matière d'économie
de la solidarité en dansant, en montant sur scène
et en présentant leurs produits. L'une des membres
de ce groupe, Mme Aura Dalia Caicedo Valencia, a raconté
son histoire, expliqué qu'elle-même et neuf autres
personnes, des femmes exclusivement, avaient créé
un restaurant grâce à un prêt de l'ECLOF
mais que des guérilleros avaient posé une bombe
dans l'immeuble qui l'abritait.
Des
bénéficiaires de l'ECLOF venus du Zimbabwe ont
représenté sur scène les difficultés
que différentes communautés, notamment les jeunes
et les femmes, rencontrent du fait de l'évolution rapide
de l'environnement social et économique. Ils ont expliqué
que, souvent, ceux-là mêmes qui sont censés
aider les personnes en difficulté profitent d'eux.
Dans un pays autrefois réputé pour sa stabilité
financière, la devise locale s'est dépréciée
de 105% sur une période de onze mois et demi. L'inflation
et les taux d'intérêt ont alors monté
en flèche. (suite p. ?)
C'est
dans ce contexte et celui de la campagne " Jubilé
2000 " que s'est inscrit le séminaire organis
é par l'ECLOF pendant le padare, sur le thème
" Microcrédit : accès à l'autonomie
ou esclavage pour les plus pauvres ? ". La rencontre
a réuni des bénéficiaires de prêts,
des représentants des Eglises et des donateurs ainsi
que des spécialistes du microcrédit.
Nous
vous livrons ici les messages d'espoir de groupes du Zimbabwe
et d'ailleurs ainsi que d'une Eglise autochtone (Eglise des
ministres du Christ), qui , grâce à leur ingéniosité
et à leur esprit d'entreprise, ont su utiliser le crédit
pour accroître leurs propres ressources, et, en fin
de compte, atteindre leurs objectifs malgré une situation
économique difficile. Les groupes de ce type étaient
présents en grand nombre à l'Assemblée
et certains des participants sont allés visiter leurs
projets. Ces visites, les pièces jouées sur
scène par des bénéficiaires de prêts
et les discussions tenues à l'occasion du séminaire
ont confirmé le fait que l'accès au crédit
n'est que l'une des mesures possibles dans le combat mené
contre la pauvreté, et que son efficacité dépend
largement d'autres facteurs et services connexes. En effet,
certains éléments cruciaux jouent un rôle
tout aussi important que les prêts, si ce n'est plus,
notamment la mise en valeur des compétences locales
et l'organisation sociale, la gestion politique et économique
et la sécurité. Il est essentiel par ailleurs
que les plus pauvres parviennent à intervenir dans
les décisions que peuvent prendre à leur égard
les gouvernements ou les institutions créées
pour les servir, notamment les ONG et les institutions spécialisées
dans le microcrédit comme l'ECLOF.
Muhungi
Kanyoro |